Des pêcheurs manifestent contre la pêche électrique

Le 25 janvier 2018 par Stéphanie Senet
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Les ports de Boulogne-sur-Mer et de Calais ont été bloqués ce 25 janvier
Les ports de Boulogne-sur-Mer et de Calais ont été bloqués ce 25 janvier

Des pêcheurs ont bloqué les ports de Calais et de Boulogne-sur-Mer, ce 25 janvier, pour protester contre les ravages de la pêche électrique des navires néerlandais en mer du Nord.

 

«On demande des mesures d’accompagnement d’urgence à l’Etat français et une aide financière rapide», a déclaré à l’AFP Christian Dubois, du comité régional des pêches, réclamant 30.000 euros par bateau sur trois ans. «Contre la pêche électrique, il est trop tard. Les Hollandais ont ravagé la mer et il n’y a plus de poissons. Il faudrait 4 à 5 ans pour que la ressource se reconstitue», a-t-il ajouté. «Avant la pêche électrique, on vivait bien de notre métier. Maintenant, on pêche deux fois moins de soles qu’en 2012 ou 2013», a lancé Stéphane Pinto, vice-président du comité régional des pêches.

«Nous ne voulons tout simplement pas chez nous de cette technique destructrice des ressources, de l’écosystème et des pêcheurs artisans», affirment les fileyeurs des Hauts-de-France dans un communiqué. Ils demandent à la France de convaincre l’Allemagne et l’Espagne de s’opposer totalement à la pêche électrique en Europe.

 

84 navires néerlandais

Vivement critiquée par les associations environnementales et les représentants de la pêche artisanale, la pêche électrique consiste à envoyer des décharges électriques dans les sédiments pour capturer plus facilement les poissons plats. Une électrocution qui occasionne de nombreux dommages sur la faune marine, comme des brûlures, des ecchymoses et des déformations du squelette. Ce qui avait conduit l’Union européenne à l’interdire en 1998[1]. Mais un lobbying intense des pêcheurs néerlandais a conduit l’UE à accepter des dérogations, à hauteur de 5% de la flotte de chalutiers à perche de chaque Etat membre. Aujourd’hui, 84 navires néerlandais la pratiquent en mer du Nord, et la Belgique a demandé une dérogation pour trois navires.

 

Bientôt la fin des exemptions?

Depuis plusieurs mois, l’association Bloom s’est mobilisée, aux côtés d’autres ONG, pour que la pêche électrique soit de nouveau bannie, au sens strict, des eaux européennes. Une position suivie par les eurodéputés, qui ont voté, le 16 janvier en séance plénière, en faveur de l’interdiction totale de cette pratique, donnant le coup d’envoi de négociations en trilogue. Cette décision a été saluée par le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot, au nom «des dangers que la pêche électrique représente pour la biodiversité». «La France souhaite que les pratiques de pêche européennes restent un modèle de référence respectueux des ressources naturelles et de l’environnement», a-t-il déclaré. Dans un communiqué diffusé ce 25 janvier à l’occasion de la mise en œuvre des quotas européens, le ministre de l’agriculture a rappelé de son côté «la volonté du gouvernement de soutenir la position prise par le Parlement européen sur la pêche électrique lors des négociations à venir». Les pêcheurs des Hauts-de-France n’oublieront pas de la leur rappeler.



[1] Règlement du 30 mars 1998 sur la conservation des ressources de pêche

 



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