Des ONG lancent une campagne pour décarboner l’aviation

Le 20 juin 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Un premier vol au Biojet A-1 Total/Amyris a été effectué, en 2012, au Brésil.
Un premier vol au Biojet A-1 Total/Amyris a été effectué, en 2012, au Brésil.
Amyris

«Y'a-t-il un payeur dans l'avion?»: pour réduire l’empreinte carbone du transport aérien, il faut une «tarification» de cette pollution, assure un réseau d'ONG qui lance, ce 20 juin, une campagne à l'occasion du salon aéronautique du Bourget.

«Il est impossible de lutter contre le changement climatique sans s'attaquer à la pollution des avions», avance le réseau Action-climat (RAC), qui rassemble des ONG comme Greenpeace, les Amis de la terre ou Oxfam.

Selon le RAC, l'aviation internationale est responsable d'environ 5% des émissions de gaz à effet de serre (GES) globales. «Et si rien n'est fait, les émissions pourraient tripler, voire quadrupler d'ici 2050 à cause de l'augmentation du trafic aérien», assure Celia Gautier, du RAC, lors d'une conférence de presse. «Les améliorations techniques ne suffisent pas, il faut un mécanisme pour mettre un prix sur la pollution des avions», a-t-elle poursuivi.

En France, le RAC appelle à supprimer au plus vite l'exonération de taxe sur le kérosène, qui représente un manque à gagner pour l’Etat de 550 millions d’euros par an. Cette niche fiscale découle de l’application de la convention de Chicago: «Le carburant, les huiles lubrifiantes, les pièces de rechange, l'équipement habituel et les provisions de bord se trouvant dans un aéronef d'un Etat contractant à son arrivée sur le territoire d'un autre Etat contractant et s'y trouvant encore lors de son départ de ce territoire, sont exempts des droits de douane».

Au niveau européen, le réseau d’associations demande la préservation de «l'inclusion de tous les vols décollant et atterrissant sur le sol européen au mécanisme de quotas carbone». Depuis le 1er janvier 2012, la directive Quotas inclut le secteur aérien dans l’ETS. Elle oblige les compagnies aériennes de toute nationalité opérant dans l'UE à acheter 15% de leurs quotas d’émission, ce qui représente une dépense pour la profession d’environ 200 M€/an.

Face à la colère de la plupart des pays membres de l'Organisation de l'aviation civile (OACI), notamment la Chine qui avait menacé de mesures de rétorsion contre l'avionneur Airbus, le système a été suspendu le 30 avril pour les vols longs courriers, et ce pour un an. Bruxelles attendant que l’OACI mette en place un marché mondial du carbone aérien.

Cette décision pourrait être avalisée lors de la prochaine assemblée générale de l’OACI, en septembre prochain. «C'est une réunion extrêmement importante», a souligné Brice Lalonde, conseiller spécial de l'ONU sur le développement durable. «Il faut faire pression sur les Etats pour qu'ils endossent ce que les compagnies souhaitent faire», a ajouté l’ancien ministre français de l’environnement, faisant allusion aux engagements de l'Association internationale du transport aérien de réduire de moitié les émissions carbonées du transport aérien d’ici 2050.

Au moment, où les ONG dévoilaient leur campagne, Airbus, Air France, Safran et Total annonçaient le vol expérimental, entre Toulouse et Le Bourget, d’un Airbus A 321, consommant du «Biojet A-1 Total/Amyris»: un kérosène produit à partir de la canne à sucre.



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