Des nuits plus chaudes, et moins de riz

Le 10 août 2010 par Thérèse Rosset
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Le réchauffement climatique aura un fort impact sur la production de riz en Asie, dans les décennies à venir. Voici la conclusion à laquelle est parvenue une équipe de scientifiques américains et philippins, en partenariat avec la FAO (Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation), dont l’étude a été publiée dans les Annales de l’Académie des sciences américaines (Pnas) le 9 août.

L’objectif de la recherche était de déterminer la sensibilité de la culture rizicole aux changements de température. Cette analyse n’est pas la première du genre mais son originalité tient à la méthode utilisée. Les scientifiques ont, en effet, étudié les effets des hausses des températures maximales et minimales journalières sur la production de riz dans 227 rizières irriguées en Chine, Inde, Indonésie, Philippines, Thaïlande et Vietnam, entre 1994 et 1999.

Le réchauffement climatique a déjà provoqué des baisses de production de l’ordre de 10 à 20 % durant les 25 dernières années dans ces zones. Les pertes devraient s’aggraver vers 2050, à en croire les scientifiques.

« Comme nous l’attendions, les preuves du réchauffement étaient plus fortes la nuit », constatent les auteurs du rapport. Quand la température minimale journalière monte, c'est-à-dire lorsque les nuits deviennent plus chaudes, le rendement du riz baisse. Ce phénomène s’expliquerait par le surplus d’énergie dépensé par les plants pour mieux « respirer » pendant les nuits de fortes chaleurs, au détriment du processus de photosynthèse. Or les températures nocturnes ont augmenté plus rapidement que les diurnes, surtout en Chine et Inde.

« Des températures plus élevées pendant le jour peuvent accroître la production, jusqu’à un certain point », relativise néanmoins Jarrod Welch, de l’université de Californie à San Diego, et coordinateur de l’étude. Pourtant, le ralentissement de croissance du riz pendant la nuit ne sera pas compensé par l’augmentation de chaleur en journée, par ailleurs bénéfique pour les cultures. 

Mais l’équipe internationale et la FAO mettent en garde contre un climat diurne trop chaud, qui pourrait provoquer une perte additionnelle dans le rendement.

Pour éviter une telle situation, les scientifiques appellent à un changement du mode de production, voir au développement de nouvelles souches de riz capables de résister au réchauffement.

Trois milliards de personnes dans le monde mangent du riz chaque jour. Une production suffisante est donc un enjeu planétaire. Un rendement réduit dans les futures années, menaçant la sécurité alimentaire, pourrait plonger des millions de personnes dans la pauvreté et la faim.

 

 

 

 



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