Des nano-aliments bientôt dans nos assiettes?

Le 09 avril 2011 par Célia Fontaine
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Les institutions européennes se sont réunies le 16 mars dernier autour de la modification du règlement «Nouveaux aliments». Le Bureau européen de l’environnement (BEE) s’inquiète de la tournure que prennent les discussions, en particulier sur l’impact de la nano-nourriture sur la santé et l’environnement, et sur la consommation de viande issue d’animaux clonés.

Le règlement en vigueur a été pris en 1997. Il encourage le développement de nouveaux types de nourriture et de nouvelles techniques de production alimentaire. Pour autant, il ne couvre pas l’utilisation de la nanotechnologie dans les aliments.

La Commission européenne a donc adopté en janvier 2008 une proposition législative pour amender le texte et, depuis, les discussions bloquent sur la prise en compte de ces aliments nouveaux.

«En raison de leur taille minuscule, les nanomatériaux, s’ils sont ingérés, ont de plus grandes chances d’entrer dans nos cellules, tissus et organes. Ils pourraient ainsi endommager l’ADN et provoquer des maladies semblables à celles que l’on retrouve avec l’amiante», explique Louise Duprez, du BEE. Les nanomatériaux peuvent également nuire à l’environnement: «Les substances nano qui se retrouvent dans l’eau peuvent être très toxiques pour les organismes aquatiques, même à très faibles concentrations». Leur présence dans les sols peut également inquiéter l’agriculture.

C’est pourquoi la fédération encourage les institutions européennes à indiquer dans le règlement qu’«aucune autorisation de mise sur le marché ne pourra être donnée sans qu’un consensus ait été trouvé sur des méthodologies-tests fortes et fiables». Les méthodes de test actuelles sont pour l’association encore trop empreintes d’incertitudes scientifiques. Il est donc trop tôt pour pouvoir garantir la sécurité de la nano-nourriture.

Pour l’heure, le Parlement européen souhaite un moratoire sur les aliments contenant des nanomatériaux, jusqu’à ce qu’il ait été prouvé qu’ils sont sans danger. Les députés souhaitent également la labellisation de la nourriture contenant des nano-ingrédients. Le Conseil est plus indulgent, proposant une autorisation au cas par cas, après évaluation de la nourriture contenant ces matériaux.

Les désaccords persistent également en ce qui concerne l’interdiction ou non de nourriture provenant d’animaux clonés. Le Parlement européen souhaite interdire cette viande et celle de leurs descendants, tandis que les ministres de l’UE et la Commission européenne n’envisagent pas de ne pas pouvoir commercialiser la progéniture d’animaux clonés.

Les discussions doivent se poursuivre jusqu’au 30 mars. Si à cette date aucun compromis n’est trouvé, il faudra reprendre à zéro les propositions émises depuis 2008.



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