Des microplastiques aux confins de l’Antarctique

Le 07 juin 2018 par Stéphanie Senet
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Greenpeace a mené une campagne de prélèvements entre janvier et mars 2018
Greenpeace a mené une campagne de prélèvements entre janvier et mars 2018
© Christian Ãslund / Greenpeace

Greenpeace a annoncé, ce 7 juin, avoir trouvé des microplastiques et des produits chimiques dangereux et persistants dans des échantillons prélevés dans l’eau et la neige du continent blanc.

 

«On pourrait penser que l’Antarctique est un espace lointain et préservé. Mais entre la pollution, les impacts des changements climatiques et la pêche industrielle au krill, l’empreinte de l’homme est très visible», affirme Hélène Bourges, chargée de campagne Océans à Greenpeace. Dernière pollution en date, des microplastiques[1] -essentiellement des fibres- ont été retrouvés dans 7 échantillons sur 8 d’eau de surface, à raison d’un par litre. Ce qui fait un nouveau point commun entre l’océan Austral et l’océan Arctique, où une concentration de déchets plastique avait déjà été mise en lumière.

Un rapport publié le 5 juin par les Nations unies estime que les initiatives des Etats contre la pollution plastique prolifèrent à travers le monde. Les interdictions et les taxes sur les sacs en plastique à usage unique comptent parmi les mesures les plus efficaces prises dans 60 pays.

Alkyls perfluorés et polyfluorés

Menée entre janvier et mars 2018, cette campagne de prélèvement s’est aussi intéressée à la composition de la neige. Résultat: 7 échantillons sur 9 contenaient des produits chimiques persistants, tels que des alkyls perfluorés ou polyfluorés (PFAS). Ces composés, utilisés dans de nombreux procédés industriels et produits de consommation, sont responsables de troubles des fonctions reproductives et du développement chez les animaux sauvages. Leur présence dans les échantillons de neige fraîche montre qu’ils sont disséminés dans l’atmosphère.

«Du plastique a été trouvé aux 4 coins du globe, de l’Arctique à l’Antarctique, et même dans la fosse des Marianne, l’endroit le plus profond de l’océan. Nous devons agir à la source afin de réduire le flot de ces polluants. Et nous avons aussi besoin de vastes sanctuaires dans tous les océans», plaide Hélène Bourges.

Zone à protéger

Greenpeace a lancé en janvier dernier une campagne pour créer en Antarctique le plus vaste sanctuaire marin au monde, qui s’étendrait sur 1,8 million de kilomètres carrés. Objectif: trouver un refuge pour les manchots Adélie, les baleines bleues, les baleines à bosse, les phoques crabiers, etc. Alors qu’1,7 million de personnes ont déjà signé la pétition, la proposition sera étudiée lors de la prochaine réunion de la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR), qui se tiendra en octobre prochain.

 


[1] Dont le diamètre est inférieur à 5 millimètres

 



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