Des micro-plastiques au fin fond des abysses

Le 28 février 2019 par Stéphanie Senet
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Des micro-plastiques ont été retrouvés dans les intestins de 3 amphipodes sur 4, vivant à plus de 7 kilomètres de profondeur
Des micro-plastiques ont été retrouvés dans les intestins de 3 amphipodes sur 4, vivant à plus de 7 kilomètres de profondeur

Des micro-plastiques ont été trouvés dans les intestins de micro-organismes vivant au plus profond des océans. Aucune zone n’est épargnée, selon une étude publiée le 27 février dans la revue Royal Society Open Science.

Un sac plastique dans la fosse des Marianne. Cette découverte, faite à 10,9 kilomètres de profondeur, montre que les micro-plastiques[1] sont partout. Les abysses, elles aussi, portent les marques d’activités humaines. Si de telles microparticules ont déjà été observées dans une étude publiée en avril 2014, c’est la première fois que des scientifiques révèlent leur ingestion généralisée par des micro-organismes vivant à des profondeurs extrêmes.

Trois quarts des individus touchés

Les chercheurs des universités britanniques de Newcastle et Aberdeen ont disséqué les intestins de près de 100 amphipodes[2] de 6 grandes fosses de l’océan Pacifique, vivant à des profondeurs allant de 7 à 11 km. Résultat: 72% des individus en moyenne renfermaient au moins une microparticule plastique, partielle ou entière. Autre conclusion, plus surprenante: plus la profondeur est grande et plus le nombre d’individus touchés est important.

Plastiques en tous genres

Ces travaux montrent aussi la diversité des plastiques découverts: des matières synthétiques (nylon, polyéthylène, polyamide, polychlorure de vinyle ou PVC, polyvinyles non identifiés), semi-synthétiques (rayonne et lyocell) ou végétales (ramie).

Textiles et engins de pêche

Ces particules proviennent de la fragmentation de fibres textiles dans des machines à laver[3], du rejet de déchets d’équipements maritimes comme les filets de pêche, et de la décomposition de grands fragments de plastiques marins.

Effets à préciser

Les effets d’une ingestion de plastique restent méconnus sur les espèces marines profondes, comme les amphipodes. Les chercheurs pensent toutefois à un probable blocage du tube digestif et une mobilité restreinte. Deux effets observés sur d’autres espèces marines: oiseaux, mammifères, reptiles et poissons.

Pollution généralisée

Moins de doutes, en revanche, sur l’ampleur géographique de cette contamination. «Il est très probable qu’il ne reste plus aucun écosystème marin au monde qui ne soit pas affecté par la pollution plastique», concluent les chercheurs britanniques.



[1] Dont le diamètre est inférieur à 5 millimètres

[2] Les amphipodes sont de petits crustacés mesurant de 1 millimètre à 30 centimètres de long.

[3] Passant à travers les mailles des stations d’épuration

 



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