Des mégapoles très carbonées

Le 27 juin 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Avec ses 78 MtCO2/an, Paris pointe à la 23e place mondiale.
Avec ses 78 MtCO2/an, Paris pointe à la 23e place mondiale.
VLDT

 

Une évaluation de l’empreinte carbone des 13.000 villes les plus importantes du monde le montre: les émissions sont encore plus concentrées qu’on ne le pensait.

 

Ce n’est pas une découverte. Les villes sont le biotope humain qui émet le plus de gaz à effet de serre (GES). Globalement, 70% des GES anthropiques sont d’origine urbaine. Une équipe de chercheurs de l’université norvégienne de sciences et de technologies (NTNU) a ciselé une vision plus précise de l’empreinte carbone des villes.

Dans un article publié dans les Environmental Research Letters, David Moran et ses collègues synthétisent les résultats d’une étude hors du commun: la modélisation de l’empreinte carbone (scope 3) des 13.000 principales villes du monde.

Séoul la carbonique

Il y a plusieurs façons de lire l’étude. Au premier degré, en parcourant les listings de données, on découvrira que Séoul (276 millions de tonnes de CO2 par an) est la plus carbonique des mégapoles du monde, ou que Londres, première européenne, n’est que la 16e du peloton mondial (98,9 MtCO2/an). Avec ses 78 MtCO2/an, Paris pointe à la 23e place, coincée entre Samut Pakran (Thaïlande) et Dallas (USA).

En émissions par habitant, les cités asiatiques et moyen-orientales font presque carton plein: 9 des 20 premières villes sont chinoises, 8 sont émiraties, koweitiennes et qataries. Les habitants de Hong Kong émettent donc 34,6 tCO2/an, contre plus de 30 t pour un Singapourien et 29 t pour un Koweitien d’Al-Ahmadi.

100 villes = 18% des émissions mondiales

Au second degré, on constate que les émissions sont encore plus concentrées qu’on ne le pensait: 100 villes seulement sont à l’origine de 18% des émissions globales. Dans 98 des 187 pays évalués, les trois agglomérations les plus importantes représentent plus d’un quart des émissions nationales.

Au troisième degré apparaissent de nombreuses cités de pays réputés pourtant faiblement émetteurs: Dhaka (Bangladesh), Benha (égypte) ou Lima (Pérou).

Cette hyper-concentration des rejets carbonées[1] peut être considérée comme un atout. En réduisant le nombre de lieux d’intervention, elle facilite la décarbonation et, par économie d’échelle, en réduit probablement le coût.

 



[1] La moitié de la population occupe 1% des terres émergées.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus