Des médicaments vétérinaires dans les aliments pour bébé

Le 06 juin 2012 par Romain Loury
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Après la vache folle, la vache contaminante ?
Après la vache folle, la vache contaminante ?

Des résidus de médicaments vétérinaires sont aussi présents dans les aliments pour bébé à base de viande, malgré la «tolérance zéro» prônée par la Commission européenne, selon une étude espagnole publiée dans la revue Food Chemistry.

Si des limites maximales de résidus (LMR) ont été fixées pour les pesticides retrouvés dans les aliments pour bébé à base de céréales, rien de tel n’existe avec les résidus de médicaments présents dans ceux d’origine animale. En l’absence de seuil, c’est donc la «tolérance zéro» qui prévaut. Une attitude qui semble bien illusoire, au vu des travaux que vient de publier l’équipe d’Antonia Garrido, du département de chimie analytique de l’université d’Almeria.

Grâce à une technique ultrasensible de chromatographie en phase liquide couplée à la spectrométrie de masse (HPLC-MS/MS), les chercheurs ont détecté des traces de plusieurs médicaments utilisés dans l’élevage bovin ou de volaille. Et ce aussi bien dans des petits pots contenant de la viande (5, dont 4 à base de volaille, sur les 12), que dans des laits maternisés à base de lait de vache (5 sur 9).

Certains médicaments se retrouvent à des taux bien plus élevés que ceux d’une simple «trace». Parmi eux, l’antiparasitaire lévamisole, détecté à 9,5 microgrammes par kilo (µg/kg) dans l’un des petits pots testés, alors que la LMR pour l’alimentation standard (non infantile) est fixée à 10 µg/kg [1]. Même chose pour l’antibiotique tylosine, présent jusqu’à 25,2 µg/kg dans un petit pot, pour une LMR «adulte» de 100 µg/kg.

Grâce à cette nouvelle technique de HPLC-MS/MS, qui permet de tester plusieurs résidus sur un seul échantillon, l’analyse d’aliments pour bébé va pouvoir être pratiquée «en routine», prévoient les chercheurs.

Considérée comme un problème croissant de santé publique, la présence de médicaments vétérinaires dans l’alimentation pose avant tout des problèmes d’antibiorésistance -avec le risque d’aboutir chez l’homme à des maladies infectieuses plus difficiles à traiter-, mais aussi de réactions allergiques.

[1] La liste des LMR de chaque médicament vétérinaire dans les aliments d’origine animale (muscles, graisse, foie, reins, lait, etc.) est fixée par le règlement européen n°37/2010 du 22 décembre 2009.



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