Des matériaux moins émetteurs pour l’automobile et l’habitat ?

Le 12 décembre 2019 par Victor Miget
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Mode d'emploi d'un secteur moins émetteur
Mode d'emploi d'un secteur moins émetteur

L’amélioration de l’efficacité dans l’utilisation des matières premières, par les secteurs de l'automobile et de la construction, est essentielle pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Telle est la conclusion d’une étude de l'International Resource Panel publiée le 11 décembre à l’occasion de la COP25.

Ce n'est pas un scoop, les décideurs politiques doivent prendre des engagements plus ambitieux en matière de réduction des émissions de GES s'ils veulent atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Pour rester en dessous de 1,5°C de réchauffement, tous les secteurs doivent être mis à contribution. Une étude réalisée par l'International Resource Panel s'attarde sur les émissions des GES liées à la production, l’extraction et l’utilisation de matières, notamment dans le secteur de la construction et de la fabrication de biens manufacturés.

Pourquoi ces deux secteurs ? Parce qu'ensemble, ils sont responsables d'environ 80% des émissions générées par la production de matières. Plus précisément : « la réduction des émissions de GES liées aux matériaux utilisés dans les habitations et les automobiles – principaux produits du secteur de la construction et du secteur manufacturier – pourrait permettre d’atteindre, sur la période 2016-2060 dans les pays du G7, une réduction de 25 Gt des émissions d’équivalent dioxyde de carbone (CO2e) cumulées au cours de cycle de vie », précise l'étude. 

 

Economie de matériaux

Les préconisations des scientifiques sont simples. Pour parvenir à de telles économies, il faut prolonger la durée de vie des produits, réutiliser, recycler les composants, ou tout simplement recourir à moins de matériaux. Dans le domaine de la construction, les stratégies mises en avant par les scientifiques sont : une réduction de l'utilisation des surfaces au sol, le remplacement du béton et des constructions maçonnés par du bois durable, l'amélioration des filières de recyclage et la construction d'habitations plus légères en utilisant de l'acier, du ciment et du verre. A titre d'exemple, une  réduction de  20 % de la demande en surface au sol réduirait les émissions de gaz à effet de serre provenant de la production de matériaux jusqu'à 73% en 2050 pour les pays du G7. Ces bonnes pratiques permettraient d'y d'économiser jusqu'à 170 millions de tonnes d'émissions de carbone provenant des habitations en 2050. L'Inde économiserait quant à elle 270 millions de tonnes et la Chine 350 millions de tonnes à même échéance. Les émissions de gaz à effet de serre provenant de la production de matériaux pour les bâtiments résidentiels dans le G7, la Chine et l'Inde pourraient être réduites entre 50% et 80% en 2050.

 

Pour les voitures même combat

Et les voitures ? « Si nous examinons le cycle de vie complet des voitures, les stratégies d'efficacité des matériaux pourraient aider les pays du G7, la Chine et l'Inde à réduire leurs émissions de GES jusqu'à 450 millions de tonnes chacune en 2050 ». Soit des réductions de l'empreinte carbone de la production de matériaux jusqu'à 70% dans les pays du G7 et de 60% et 50% en Chine et en Inde.

Premières pistes : le covoiturage et l'auto-partage. « Si un voyage sur quatre dans le G7, en Chine ou en Inde était un voyage partagé, alors l'empreinte carbone de l'utilisation et de la production de voitures diminuerait jusqu'à 20%. »

Mais pas seulement. Est également préconisée une optimisation de la taille des voitures en fonction des usages. Au revoir donc les gros SUV, forcément plus gourmands en matériaux. Car en plus d'économiser des matériaux, en toute logique, une utilisation plus raisonnée des matières premières réduiraient les émissions de GES lors de l'utilisation d'un véhicule plus léger. “Elles pourraient également faire décroître entre 30 % et 40 % celles produites lors de la fabrication, l’usage et la gestion de la fin de vie des automobiles en 2050 dans les pays du G7”, précise les auteurs. 

 

Manuel de bonnes pratiques

Passé la démonstration, le rapport émet quelques recommandations. Réduire les émissions liées à la production de matériaux ne sera possible qu'en créant « des environnements politiques et des incitations favorables ». Le rapport plaide pour la révision des normes et des codes de la construction ; une plus large utilisation des systèmes de certification des bâtiments ou encore l'instauration de taxes sur les matériaux neufs... Il n'y a plus qu'à.

 

 


 



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