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Des jardins pas très verts

Le 04 septembre 2012 par Geneviève De Lacour
Un jardin communautaire à Berlin
Un jardin communautaire à Berlin

La Commission européenne s’inquiète de la qualité des fruits et légumes cultivés dans les jardins des villes. En cause, la qualité des sols, lorsqu’ils sont situés près des routes, des autoroutes et des sites industriels pollués. Dans une étude récente, des scientifiques berlinois ont constaté que les teneurs en métaux lourds de ces sols urbains sont parfois très élevés.

«Il faut cultiver notre jardin». La célèbre citation de Candide revient à la mode. De plus en plus nombreux sont les citadins qui partagent un jardin potager ou qui s’inscrivent sur liste d’attente pour obtenir un petit lopin de terre, dans ces jardins familiaux, ou ouvriers. Dans quel but? Mais pour cultiver ses propres légumes bio, sans pesticides.

Sans pesticides, certes, mais sont-ils vraiment dénués de tout polluant?

C’est la question à laquelle des scientifiques allemands ont voulu répondre. Dans une étude intitulée: «How healthy is urban horticulture in high traffic areas?», les chercheurs berlinois se sont penchés sur les légumes et les fruits cultivés dans le centre de Berlin. Ils ont mesuré les concentrations en cadmium, chrome, plomb, zinc, nickel et cuivre dans les tomates et les haricots verts, mais aussi dans les racines, des carottes, des pommes de terre, du chou-rave et dans les feuilles de cresson, basilic, menthe, thym, blette et chou rouge.

Ils ont ensuite divisé en trois les zones étudiées en fonction de leur exposition au trafic automobile (des plus élevés, à moyen, puis faible). Des scientifiques qui ont également pris en compte la distance entre le jardin et la route, le nombre de voitures qui circulent régulièrement sur l’axe de circulation voisin, mais aussi la présence ou non d’un bâtiment pouvant faire ou non écran à la pollution.

Ils ont ainsi pu constater que les niveaux de contamination varient en fonction du type de métal analysé et des légumes cultivés. Par exemple, les tomates contiennent moins de plomb que les blettes. La menthe révèle des concentrations en chrome plus élevées que le basilic, les haricots verts et les carottes.

De manière générale ces résultats révèlent que dans ces fruits et légumes «autoproduits», les concentrations en métaux sont plus élevées que dans les légumes de supermarchés. Les tomates sont les plus contaminées puisque leur taux de cadmium est 11 fois plus élevé que pour leurs consœurs de grandes surfaces. Le taux de nickel des tomates des jardins de villes est également 5 fois plus élevé. Quant aux blettes, elles contiennent 6 fois plus de zinc qu’en supermarché. Plusieurs autres légumes présentent des concentrations deux fois supérieures pour au moins un des métaux recherchés.

Ainsi, tous les légumes cultivés à proximité d’un axe important de circulation montrent des concentrations élevées en plomb. Les valeurs-limites européennes sont dépassées pour les deux tiers des légumes échantillonnés à proximité des routes à fort trafic et situées à moins de 10 mètres de celles-ci. Mais ce chiffre tombe à un tiers lorsqu’un bâtiment s’interpose entre la route et les jardins.

Et les scientifiques allemands de conclure que les produits des potagers des villes ne sont pas forcément «sains et sûrs», comparés aux fruits et légumes que l’on peut acheter dans le commerce. Ils préconisent donc d’installer ces jardins loin des routes les plus empruntées, ou derrière une barrière qui les protège de la pollution. Mais surtout de bien laver les fruits et légumes avant de les consommer!

 

 

 



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