Des J.O. pas si verts

Le 14 août 2008 par Victor Roux-Goeken
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stade nid oiseau
stade nid oiseau

Pékin a dépensé sans compter pour verdir ses jeux. 1,7 milliard de dollars auront été nécessaires pour qu’ils soient les «plus verts» de l’histoire récente. Mais le stress hydrique que connaît la capitale et les émissions croissantes de gaz à effet de serre, pas dus aux seules J.O., nuancent le tableau.

Les Jeux olympiques 2008 de Pékin sont-ils verts? C'est le cas, à en croire le directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) Achim Steiner, qui s'est rendu à la cérémonie d'ouverture pour s'en assurer.

Le Pnue rappelle que la Chine aura dépensé 1,7 milliard de dollars pour verdir les Jeux: construction de trois nouvelles lignes de métro, utilisation de 20% d'énergie éolienne pour les sites olympiques, système de pointe de recyclage des eaux de pluie pour le stade olympique dit «nid d'oiseau», mur solaire de 2.000 mètres carrés de panneaux … 50% des déchets – notamment le papier, le métal et le plastique – devraient être recyclés, assurent les organisateurs des Jeux. Dans le village olympique, l'eau des salles de bains des athlètes sera chauffée par l'énergie solaire.

Après la manifestation sportive, la moitié des terrains de hockey et de tir à l'arc, soit 10 hectares, devrait être transformée en un espace vert. . Et 1.124 panneaux solaires doivent permettre d'assurer l'éclairage du sous-sol du palais national omnisports. Voilà pour la vitrine.

Car Pékin souffre d'un grand stress hydrique. Un rapport de l'ONG canadienne Probe International, relayé par Courrier international sur son site Internet, estime à 5 milliards de mètres cubes les besoins annuels en eau de la capitale chinoise: il en manque un milliard par an. Et les J.O. ont accru les besoins en eau de 5%, soit 250 millions de m3.

Pour résoudre ce problème, tout en ornant les sites olympiques de plans d'eau et en réalimentant des cours d'eau asséchés, plus de deux tiers des besoins en eau sont pompés dans la nappe phréatique, parfois à plus de 1.000 mètres. Bien qu'elles souffrent aussi de la sécheresse, les provinces environnantes –telle celle du Hebei, autour de la municipalité autonome de Pékin– sont très sollicitées, au détriment de leur population.

Quant à la croissance des émissions de gaz à effet de serre (GES) chinoises, le Worldwatch Institute la qualifie d'«olympique» dans un communiqué publié jeudi 7 août. Entre 2000 et 2007, les émissions mondiales ont augmenté de 22%, soit 8,2 milliards de tonnes supplémentaires par an. La Chine compte pour 57% de cette part, contre 8% pour l'Inde, 4% pour les Etats-Unis –qui restent les principaux émetteurs par habitant– et 3% pour l'Union européenne.

Le Pnue doit publier, durant le second semestre 2008, un rapport destiné à évaluer les mesures environnementales adoptées par Pékin pendant ses Jeux olympiques.




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