Des ions perchlorate dès le plus jeune âge

Le 05 juin 2014 par Romain Loury
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Dans les munitions comme dans le lait
Dans les munitions comme dans le lait

Les laits maternisés contiennent des ions perchlorate en quantités non négligeables, selon un avis publié mercredi 4 juin par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). Ce qui pourrait entraîner un risque de dépassement de la valeur toxicologique de référence (VTR) chez les enfants de moins de 6 mois.

Préoccupation récente en matière de sécurité sanitaire des eaux et des aliments, les ions perchlorate sont aussi bien d’origine naturelle qu’anthropique. Ils sont notamment retrouvés dans les anciennes munitions, qui continuent à joncher la ligne de front de la Première guerre mondiale (dans le nord-est de la France), et sont encore utilisés dans la fabrication de propulseurs de fusée, ou encore de systèmes de déclenchement des airbags. Autre source probable, le salpêtre chilien utilisé comme engrais jusque dans les années 1930.

S’il reste beaucoup à apprendre sur leur toxicité, les ions perchlorate semblent inhiber l’étape d’incorporation de l’iode dans la thyroïde, étape-clé de la synthèse des hormones thyroïdiennes. Pour la première fois en 2011, l’Anses leur a décerné une VTR de 0,7 microgrammes par kilo de poids corporel par jour (µg/kg/j). Un seuil complété par la Direction générale de la santé (DGS), qui a fixé des valeurs-guides de gestion pour l’eau de boisson, de 15 µg/L pour les adultes et de 4 µg/L pour les enfants de moins de 6 mois.

A priori, il y a globalement peu de raisons de s’inquiéter des eaux destinées à la consommation humaine (EDCH), selon les résultats livrés par l’Anses. Menée par le Laboratoire d’hydrologie de Nancy (LHN), l’analyse des 703 échantillons ne révèle aucun dépassement du seuil de 15 µg/L pour les eaux traitées. Environ 2%, dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, se situent toutefois au-dessus du seuil de 4 µg/L.

Des laits maternisés assez chargés

La situation est un peu plus délicate pour les laits maternisés en poudre, qui même reconstitués avec de l’eau sans perchlorate, s’en montrent bien imprégnés. Pour les laits premier âge (de 0 à 6 mois), la moyenne est de 1,8 µg/L. Selon l’Anses, 95% des enfants se situeraient toutefois au-dessous de la VTR de 0,7 µg/kg/jour. Pour les autres 5%, un dépassement est «possible».

La teneur s’élève avec l’âge, jusqu’à une moyenne de 2,8 µg/L pur les laits deuxième âge (de 6 mois à 1 an) et de 7 µg/L pour les laits de croissance (après un an), à un âge où la diversification alimentaire expose l’enfant à d’autres sources de perchlorate, dont les fruits et légumes.

Outre les EDCH et les laits maternisés, l’Anses évalue actuellement l’imprégnation des ions perchlorate dans les fruits et légumes, ce qui permettra de connaître l’exposition alimentaire de la population (voir le JDLE).

Dans le Nord-Pas-de-Calais, des études épidémiologiques, menées par l’Institut de veille sanitaire (InVS), sont en cours «afin de rechercher d’éventuelles associations entre les teneurs en ions perchlorate dans les eaux et les niveaux de thyréostimuline hypophysaire (TSH) mesurés chez les nouveau-nés dans le cadre du dépistage systématique de l’hypothyroïdie congénitale».



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