Des industriels misent sur les carburants synthétiques

Le 13 octobre 2006 par Agnès Ginestet
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A l’occasion du Mondial de l’automobile, les membres de l’Alliance pour les carburants synthétiques en Europe (Asfe) ont vanté les mérites de cette alternative dans l’optique d’une mobilité durable. Le BTL paraît la solution la plus intéressante d’un point de vue écologique.

Coal to liquid (CTL), biomass to liquid (BTL), gas to liquid (GTL). Ces trois types de procédé aboutissent au même carburant synthétique, qui a l'apparence de l'eau. Que la matière première soit du charbon, de la biomasse lignocellulosique ou du gaz naturel, la première étape de transformation consiste à former un gaz de synthèse et la seconde, appelée procédé de Fisher Tropsch, à transformer chimiquement ce gaz. Le produit final, un carburant liquide, est compatible avec les moteurs diesel existants.

L'Asfe a été lancée le 7 mars 2006. Ses 5 membres appartiennent aux secteurs de l'énergie et de l'automobile: DaimlerChrysler, Renault, Royal Dutch Shell, Sasol Chevron et Volkswagen. Ils estiment que les carburants synthétiques peuvent contribuer à atteindre l'objectif que l'Union européenne s'est fixé de remplacer 20% des carburants traditionnels (essence et gasoil) dans le secteur des transports routiers par des carburants alternatifs d'ici 2020. Selon eux, ces carburants ont une teneur en composés aromatiques inférieure à 1% et contiennent moins de 1 partie par million (ppm) de soufre. De plus, quelle que soit la matière première employée, un véhicule fonctionnant avec un carburant synthétique émet moins d'oxydes d'azote (NOx), de dioxydes de soufre (SO2), de particules fines et de monoxyde de carbone (CO) que s'il fonctionne avec du gasoil.

Des comparaisons ont été faites entre les émissions de CO2 générées par un système de raffinage et par les procédés GTL, BTL et CTL, du puits à la roue (de la fabrication à l'utilisation par les véhicules). Le procédé GTL est à l'origine d'émissions de CO2 dans des proportions identiques au raffinage et le CTL présente un bilan négatif, avec ou sans séquestration du CO2. Mais le BTL, lui, permet une réduction importante des émissions, allant jusqu'à 90% par rapport au raffinage.

«Les membres de l'Asfe sont convaincus que ces carburants représentent un enjeu majeur et même une obligation pour l'alimentation en énergie du secteur des transports», a déclaré Luc-Alexandre Menard, directeur des relations extérieures chez Renault. Pour Philippe Guillard, du ministère chargé de l'industrie, s'il doit y avoir des carburants synthétiques en France, ce sera par la voie du BTL.

Pourtant, parmi les trois carburants synthétiques, le GTL est l'alternative la plus avancée d'un point de vue commercial. Une usine produisant du GTL est déjà en activité en Malaisie, et des projets sont en cours, notamment au Nigeria et au Qatar. Au total, la production qui est envisagée une fois que les projets seront finalisés est de 400.000 à 600.000  barils par jour (bpj) en GTL. En 2015, la solution diesel GTL devrait ainsi couvrir, selon l'Asfe, 4% de la demande mondiale totale en gasoil.

De son côté, le BTL commence doucement son industrialisation, avec la construction d'une usine de production qui doit débuter 2007 en Allemagne. La production prévue est de 310 bpj.




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