Des graines de maïs traitées aux insecticides menacent les abeilles

Le 05 mars 2012 par Geneviève De Lacour
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Les semis de maïs sont enrobés de pesticides
Les semis de maïs sont enrobés de pesticides

A la période des semis, des millions de microparticules d’insecticides, provenant des grains de maïs enrobés de produits chimiques, se retrouvent en suspension dans l'atmosphère. Pour les abeilles qui passent au dessus des champs à ce moment-là ou qui butinent à côté, ces produits, mêmes présents en faible quantité, suffisent à les contaminer. C'est ce que vient de mettre en évidence une étude publiée le 31 janvier dernier par une équipe de scientifiques italiens, dans la revue Environmental Science and Technology, éditée par la Société américaine de chimie.

Les produits phytosanitaires qui enrobent les grains de maïs appartiennent à la famille des insecticides dits systémiques. Au lieu d’être pulvérisés sur la terre ou sur les plantes, ils sont mélangés dans une pâte qui entoure la graine. En germant, la plante absorbe le poison par l'intermédiaire de la sève. Le procédé emploie une nouvelle famille d'insecticides, les néonicotinoïdes qui agissent sur le système nerveux central des insectes. Mis au point dans les années 1990, ils sont accusés par les apiculteurs d'être une des principales causes des hécatombes d’abeilles constatées depuis quelques années.

Les chercheurs italiens ont testé toutes les semences enrobées de maïs dont plusieurs sont utilisées dans les pays européens. Il s’agit de deux hybrides de la firme Pionner, le Poncho et le Gaucho de Bayer, le Regent de Basf et le Cruiser de Syngenta. Ce dernier est le seul à être encore autorisé en France en dépit des demandes réitérées d'interdiction des apiculteurs.

Les tests montrent que toutes les semences enrobées, quelle que soit la marque, sont sujettes à un phénomène d'érosion à l'intérieur du semoir. Ce type d'appareil étant doté d'une turbine, les microparticules sont projetées dans l'atmosphère. Et équiper l’engin avec un déflecteur dirigé vers le sol, comme le stipule la réglementation européenne depuis 2009 après une intoxication massive en Bavière, ne réduit que partiellement la pollution. Plus de 11.500 ruches avaient été décimées au moment où un agriculteur semait du maïs Poncho. Il faisait très sec et venteux et les particules s'étaient déposées aux alentours sur les fleurs, contaminant les abeilles. L'humidité ne semble pas non plus arranger les choses puisque les chercheurs italiens ont constaté au microscope électronique qu'elle semble faciliter l'adhésion des microparticules sur le corps des abeilles.

L'équipe de scientifiques de l’université de Padoue, pilotée par Andrea Tapparo, a relevé la présence de molécules d’insecticides sur des abeilles mortes qui avaient traversé le champ expérimental au moment du semis pour aller chercher du sucre déposé dans un nourrissoir. Ils ont fait le même constat avec des abeilles enfermées dans des cages et placées à différentes distances du semoir.

Conclusion: ces particules de néonicotinoïdes impactent fortement les abeilles et s’avèrent même létales pour elles.

 



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