Des gènes résistants aux antibiotiques dans le lac Léman

Le 22 mars 2012 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le lac Léman est riche en bactéries résistantes aux antibios
Le lac Léman est riche en bactéries résistantes aux antibios

Le lac Léman, la plus grande réserve d’eau douce d’Europe, avec 300 mètres de profondeur et 90 milliards de mètres cubes d’eau, alimente 600.000 personnes en Suisse. Mais avant d’arriver au robinet des habitants de Lausanne, l’eau du lac subit un traitement poussé: ozonation et filtre à charbon actif. Pourtant, selon la Commission internationale de protection des eaux du Léman (Cipel), malgré le traitement, l’eau contient toujours un cocktail de micropolluants: des médicaments tels que la carbamazépine (traitement de l’épilepsie), des anti-diabétiques ou des analgésiques, mais aussi des cosmétiques, des pesticides et leurs produits de dégradation.

Mais pas seulement. L’eau du lac accueille également de grandes quantités de bactéries résistantes aux antibiotiques. C'est ce que viennent de démontrer des scientifiques de l'institut suisse de recherche sur l'eau (Eawag), en étudiant le Léman au large de Lausanne. Si les stations d'épuration réduisent le nombre total de germes, les traitements semblent en revanche épargner, voire favoriser les plus dangereux d'entre eux, les bactéries multirésistantes aux antibiotiques.

Une fois traitées, les eaux usées de l'agglomération lausannoise, soit environ 90.000 m3 par jour, sont rejetées dans le Léman à 700 m des côtes par une conduite débouchant dans la baie de Vidy à 30 m de profondeur, explique l'Eawag, aujourd’hui 22 mars.

Lausanne ne possède ni industrie pharmaceutique ni élevage industriel. Mais, outre les 214.000 habitants de la région lausannoise et de plusieurs petits centres de soin, un grand complexe hospitalier, le CHUV, est raccordé à la station d'épuration de la ville. Vu la progression de la résistance aux antibiotiques révélée par de nombreuses études menées dans le domaine hospitalier et vétérinaire, un groupe de chercheurs a tenté de savoir si cette résistance pouvait gagner le milieu naturel, en l'occurrence le lac Léman, par les stations d'épuration.

Il semblerait donc, d’après ces derniers résultats, que ce soit effectivement le cas.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus