ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article sur WikioPartager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedinPartager cette page sous TwitterS'abonner au flux RSS du JDLE

Des freins au développement du photovoltaïque en France

Le 15 mai 2008 par Victor Roux-Goeken
130_solar
130_solar

Bien que la production de solaire photovoltaïque décolle dans le monde (1), la France reste à la traîne, notamment par rapport à l’Allemagne. Le système de rachat de l’électricité, les barrières administratives et techniques freinent l’essor de ce type d’énergie en France, selon les organisateurs du Solar Event.

L'Allemagne bénéficie d'un ensoleillement moindre que la France. Pourtant, outre-Rhin, 1.200 mégawatts (MW) de panneaux solaires photovoltaïques sont installés, contre 40 en France. En cause, les barrières bloquant l'essor de cette industrie, selon les organisateurs du Solar Event, réunis à l'occasion de la présentation de cette manifestation visant à promouvoir l'énergie solaire en juin prochain en Savoie. L'état de fait est paradoxal, puisque les incitations sont légion.

D'abord le tarif avantageux de rachat par EDF de l'électricité photovoltaïque, fixé depuis 2007. «C'est le cas depuis 10 ans en Allemagne», rappelle Eric Laborde, administrateur de l'association européenne de l'industrie photovoltaïque (Epia). Il estime que ce tarif de rachat fait perdre de l'efficacité au photovoltaïque. Un contribuable peut vendre son électricité 55 centimes d'euro le kilowattheure à EDF, si son équipement solaire photovoltaïque est intégré à la toiture. Mais l'intégration «fait perdre 8% d'efficacité par rapport à un dispositif non intégré», estime Eric Laborde. Comme l'électricité produite avec un dispositif non intégré  n'est rachetée que 30 centimes, c'est le système le moins efficace qui est encouragé.

Quant au coût du prix du photovoltaïque, décrié par les détracteurs de cette énergie renouvelable, il pourrait «être aussi compétitif que le nucléaire dans quelques années», assure Eric Laborde, au vu de la croissance de 40% qu'a connue le secteur en 2007.

Autre incitation, les aides à l'installation: avec 8.000 euros d'aides cumulables, la France est le pays qui subventionne le plus la production d'électricité photovoltaïque, ajoute Jean-Paul Vial, sénateur UMP de Savoie et vice-président du conseil général du département. Mais les démarches administratives et le raccordement technique au réseau représentent un vrai parcours du combattant. «En Allemagne, 2 feuilles A4 suffisent alors qu'en France, les démarches sont longues et sont celles de gens convaincus.» Le raccordement au réseau demande 3 à 4 mois: «Je pense qu'EDF fait de la résistance passive», explique le sénateur.



(1) Voir l'article du JDLE «Le photovoltaïque continue son ascension»


17 réactions

Anthony Dubois | 20/05/2008 - 09H08

PV et GES Autre élément de réflexion par rapport aux diverses opinions exprimée : le recours aux ENR, et au PhotoVoltaïque, est justifié eu égard au réchauffement climatique et aux émissions de Gaz à Effet de Serre, ce qui peut être simplifié de la sorte : plus d'ENR, plus de PV = moins de GES. Or, il faut constater que les procédés de construction des panneaux PV, transport compris, nécéssite beaucoup d'énergie primaire, en particulier lorsqu'ils sont conçus en Allemagne, au Danemark ou en Chine, qui recourent aux centrales thermiques pour la production d'énergie. Dans ce cas, le bilan GES des panneaux PV sur la totalité de leur durée de vie est lourd, jusqu'à plus de 20 fois le bilan du nucléaire (source EdF, ADEME, Manicore). Ce qui veut dire que lorsque l'on s'équipe de panneaux PV, que ceux-ci ont été fabriqués à partir d'énergie primaire à forte émissions de GES (charbon, gaz), pour se substituer au réseau de production électrique français (80% nucléaire, 10% hydraulique) particulièrement peu émetteur, on ne contribue pas à l'objectif de réduire les émissions de GES.

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

POIROT Christian | 19/05/2008 - 19H42

En réponse à M. VIVELAFORET (suite et fin) Les temps changent et le climat aussi, les ressources s’amenuisent, activité et modes de vie sont différents. Reste la leçon à retenir, s’adapter, car qui ne s’adapte pas disparaît… Vous voulez protéger notre « patrimoine environnemental », dites-vous, mais avez-vous bien réalisé que les paysages naturels qui en font partie intégrante vont justement être les premiers à subir les modifications radicales induites par l’inévitable réchauffement climatique ? Le panneau photovoltaïque commuté au réseau a ceci d’intéressant qu’il permet, sans bruit, sans odeur, sans pièces en mouvement, sans consommation ou presque de ressources non renouvelables, sans déchets et surtout sans déchets radioactifs, sans émission de G.E.S., de produire localement l’énergie dont nous avons besoin sur le plan domestique. « Think global, act local », disent certains, et je suis prêt à commencer chez moi. Enfin, soyez assuré que je n’appelais pas à une transgression des lois et règlements qui sont, vous le dites fort bien, applicables à tous. Je ne fais que réclamer leur évolution, leur adaptation aux conditions nouvelles sans laquelle toute loi n’est plus, dans le meilleurs des cas que lettre morte, et dans le pire que nuisance imbécile. La maison flambe et il y a effectivement une troisième solution. On peut faire la chaîne avec des seaux après avoir sorti le bébé. Après tout, c’est à lui qu’appartient l’avenir.

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

POIROT Christian | 19/05/2008 - 19H41

En réponse à M. VIVELAFORET Cher Monsieur, votre réaction me rappelle ce choix cornélien : si la maison brûle, que faut-il en emporter : la toile inestimable du maître Flamand ou bien le bébé qui dort dans son berceau ? Il semble que nous opterions pour des choix différents… Mais peut-être après tout êtes-vous de ceux qui, optant pour la troisième voie, se contentent de nier ce problème dérangeant qu’est un incendie ? Vous ne voulez pas de panneaux photovoltaïques qui défigureraient nos belles toitures de tuiles sur nos belles maisons de pierre. Mais savez-vous que ce n’est qu’au XIXème que la tuile a remplacé le chaume dans les bourgs, chaume prohibé en raison de la crainte des incendies ? Cela a dû sacrément changer le paysage, de même qu’au XVIème et XVIIème la prohibition des construction à colombages, toujours pour la même crainte… Regardez les maisons anciennes : qu’est-ce qui crée leur harmonie, leur parfaite insertion dans le paysage ? C’est avant tout l’économie des moyens, leur adéquation au climat, aux ressources et aux activités et modes de vie locaux.

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

POIROT Christian | 19/05/2008 - 18H03

Un mythe et quelques chiffres (suite et fin) Les panneaux photovoltaïques sont généralement garantis pendant 30 ans pour une capacité de production au moins égale à 80% de leur puissance nominale. L’énergie produite effectivement pendant 30 ans est donc 6 à 10 fois supérieure à celle utilisée pour les produire … dans l’état actuel des choses ! Les projections pour le futur laissent augurer que la fabrication des panneaux photovoltaïques sera à la fois de moins en moins gourmande en énergie (emploi de silicium amorphe, de films de plus en plus minces) tandis que la recherche aboutit à un accroissement des rendements (40% actuellement) : http://www.energy.gov/news/4503.htm Enfin, il faut souligner que le recyclage des panneaux en fin de vie devrait permettre d’améliorer encore le bilan énergétique de la fabrication. Bref, le photovoltaïque « décolle », et c’est fort bien : de grâce, arrêtons donc d’essayer de lui mettre du sel sur la queue !

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

POIROT Christian | 19/05/2008 - 18H02

Un mythe et quelques chiffres Une réponse à la réaction de Claude DAULAUD. Je serais bien aise de savoir sur quelles sources il s’appuie pour affirmer aussi doctement que « le photovoltaïque produit en général moins d'énergie qu'il n'en a fallu pour le produire », et j’ai l’impression qu’il prend tellement de « recul » qu’il a 30 ans et une infinité de métros de retard. Ce qui a certainement été jadis une réalité, au temps des balbutiements du photovoltaïque, en ce temps-là confiné aux applications spatiales, est devenu un mythe qui hélas a la vie dure… La quasi totalité des études que j’ai pu consulter s’accordent à considérer que, sous nos latitudes, le temps de retour sur investissement énergétique est de l’ordre de 3 à 4 ans avec la génération actuelle de panneaux photovoltaïques, dont le rendement se situe autour de 17%. On peut consulter à ce sujet l’étude de l’U.S. Department of Energy : http://www.nrel.gov/docs/fy04osti/35489.pdf . On peut aussi se référer à « Compared assessment of selected environmental indicators of photovoltaic electricity in OECD cities » à l’adresse suivante : http://www.eupvplatform.org/fileadmin/Documents/Brochure-indicateurs_26_pays.pdf

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

DAULAUD CLaude | 19/05/2008 - 15H03

réalisme et développement durable A un certain moment il faut prendre du recul. Le photovoltaïque produit én génral moins d'énergie qu'il n'en a fallu pour le produire. il faut le réserver pour les endroits qui ne sont pas reliés au réseau et aux sites éloignés de celui-ci Payer les énergies renouvelables au prix de l'électricité de pointe va coûter en 2014 14% de la facture d'électricité alors que des hausses inévitables se profilent et les industries consommatrices d'électricité vont le payer sous forme de manque de compétitivté.

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

VIVELAFORET Dominique | 19/05/2008 - 14H49

Renouvelable OUI mais pas n'importe où Pour répondre à M. Poireau, si je suis favorable au photovoltaïque, je ne le suis pas du tout sur sa position quant à l'implantation. Les lois de protection de notre patrimoine environnemental, espaces classés, Parcs nautrels, etc, sont valables pour tous. Notre patrimoine environnemental et historique doit être respecté par TOUS. Quant à l'éolien, qu'on le mette dans des zones ventées, telles certaines zones industrielles, non sensibles ou fragiles au regard de l'environnement.

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

jerome bougneres | 16/05/2008 - 21H53

Frein au PV Je réalise des études technico économiques en BIPV pour des grands donneurs d'ordres. Je confirme que la technocratie française qui a déjà commis de prestigieuses et exclusives réalisations hexagonales (super phoenix, concorde, TGV, ... ) est en train de menacer le développement de notre energie. D'autant plus que le discours élitiste de l'ademe pro-intégration et anti business-case conforte les institutionnels du Grenelle dans cette position. Nous disposons pourtant d'une situation favorable pour exploiter cette source gratuite et inépuisable d'energie.... Dommage. J.BOUGNERES. AEN

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

POIROT Christian | 16/05/2008 - 19H08

S'il n'y avait qu'EDF... Hé oui, s'il n'y avait qu'EDF à traîner les pieds, ce qui après tout peut se comprendre, non ? Quel commerçant ne rechignerait pas à acheter un produit plus cher qu'il ne peut le revendre ? Mais EDF n'est pas seul : il y a aussi une foultitude de règlement administratifs divers : allez donc essayer de mettre du PV ou même de simples panneaux solaires thermiques dans un site inscrit, un parc régionalune ZPPAUP, à moins de 500 mètres d'un monument historique et j'en passe : vous vous ferez proprement allumer par l'A.B.F. , l'architecte des M.H. ou celui du parc et ce quelle que soit la qualité de l'intégration des dispositifs. Quant à l'éolien ... les réticences sont encore plus virulentes !

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

malet fabrice | 16/05/2008 - 16H54

subventions = drogues = tue merci lamotte grégory de me confirmer avec votre exemple que les allemands observent une augmentation des installations à partir du moment où les subventions diminuent. Sans attendre indéfiniment les promesses des sirènes pro-pollution.

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

gregory lamotte | 15/05/2008 - 23H46

subvention= bonne solution Je ne peux pas laisser dire que les subventions sont des drogues. Regardons en Allemagne, grace aux subventions qui baissent au fur et à mesure que la technologie progresse, les investisseurs investissent en masse et n'attendent pas la prochaine génération de centrales PV pour investir car alors...le rendement sera meilleur mais les aides moins fortes. PV = Energie Durable...aidons là à grandir

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

malet fabrice | 15/05/2008 - 22H04

subventions = drogues = tue subventions = drogues = tue vous voulez couler une technologie "verte" ? mettez des subventions et des restrictions (la plus connue : il faut passer par des professionnels), dites le bien fort et surtout à destination des profiteurs potentiels. Automatiquement vous allez induire une inflation énorme du secteur en question. Les gens qui avant se démerdaient méthode D sont bloqués car le système ne devient plus aussi rentable. Vous avez verrouillé et mis le frein à main : la voiture n'avancera plus. Vous pouvez passer par la case départ et toucher 20000F (de la part des pollueurs industriels)

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

Michel Sirere | 15/05/2008 - 17H30

Des freins au développement photovoltaique Bonjour. Suite à cet article, je voudrai vous informer de mon expérience.J'ai fait installer 12m2 de panneaux photovoltaiques encastrés en juillet 2007. Tout fonctionne bien mis à part le raccordement avec EDF. Depius septembre la demande est partie, en novembre j'ai du compléter le dossier en leur fournissant une attestation d'assurance pour laquelle mon assureur m'a demandé une surprime de 210€. N'ayant pas voulu perdre de temps j'ai accepté et fin novembre le dossier était complet. J'ai du attendre le 18/01/2008 pour recevoir les exemplaires pour le contrat de raccordement et un devis de 740€ pour l'installation de comptage.J'ai renvoyé les contrats et un chèque le 19/01/2008.Mon chèque a été débité le 30/01/2008. Un agent EDF est venu le 13/03/2008, je pensai qu'il venait installer le comptage, mais non il venait voir l'installation pour commander le matériel.Il y a maintenant deux mois et je ne suis toujours pas raccordé.Aprés il faudra encore attendre le contrat de revente. Et je n'ai aucune idée combien de temps aprés je toucherai mes premiers KW.Par contre j'ai déja payé 6 mois d'assurance pour rien et 740€ depius 3mois et demi pour une installation qui n'est toujours pas faite.Je suis loin des 3 à 4 mois sités dans l'article et il est vrai que l'ont fini par se décourager.J'ai déja passé quatre appels téléphoniques à l'ERDF et suite au dernier appel on ma conseillé d'écrire au Directeur Régional Auvergne centre Limousin mais pout le moment je n'ai aucune réponse Il est vrai que EDF semble faire trainer les choses. J'envisageai si tout se passait bien de doubler la surface des panneaux, mais pour le moment,tout cela ne m'incite pas à aller plus loin. Michel SIRERE 510 rue des Collets 62370 AUDRUICQ

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

Michard Vincent | 15/05/2008 - 17H28

Comparaison France - Allemagne Attention Mr G. Landron, la superficie de l'Allemagne (357 000 km2) est inférieure de 35% à celle de la France (547 000 km2) de plus le taux d'ensoleillement de l'Allemagne est beaucoup plus faible.

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

Jean-Marc Convers | 15/05/2008 - 15H40

ACHAT, pas rachat ! Attention à notre langage énergie ! Rachat n'est pas approprié, c'est le langage des ministres et des opposants aux Enr. Ds les textes, c'est bien tarif d'achat ! (grâce aux Enr, on devient producteur ! et vendeur, pas revendeur). On produit des kWh qui sont tout neuf, ce n'est pas de l'occasion ! et en plus, ce sont des kWh propres, qui nettoient le réseau ! :-) Par contre, Gdf (par ex.) achète 100% du gaz à l'étranger, et le revend aux français ! Bonne vente ou achat !

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

chadeyron philippe | 15/05/2008 - 14H49

arrêtons les intercomparaisons stupides Pas un article qui ne tente de justifier l'émergence d'une filière en la comparant aux autres. C'est absurde ! Comparer le coût de revient du PV à celui du nucléaire n'a aucun sens ! Nous avons besoin de toutes les solutions opérationnelles... Fussent elles encore coûteuses, ce qui n'est pas aberrant pour des filières en recherche de maturité... De plus, alors que la filière PV émerge et que les experts annoncent une baisse des prix depuis X années, c'est exactement le contraire qui se produit par le jeu de la demande supérieure à l'offre, par les effets d'aubaine générés par les crédits d'impôts sur les énergies propres (regardez l'évolution des prix du solaire thermique ou des PAC depuis les crédits d'impôts !!!), voire par les tarifs de rachat dont tout le monde oublie de préciser que les français les financent intégralement (pouvoir d'achat )...! Enfin, merci d'aborder la problématique de l'ACV et de comparer les énergies, s'il le faut vraiment, en intégrant leur durée de vie réelle... Comparer un coût d'investissement sans résonner "coût global" me paraît relever de la pure désinformation, ce qui est vrai d'ailleurs pour toutes les énergies (nucléaire, gaz, charbon, hydraulique et nouvelles ENR...). Et avant de mettre tout le monde d'accord sur ces sujets hautement sensibles, de l'eau aura coulé dans les turbines...

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

gregory lamotte | 15/05/2008 - 14H48

Petite précision sur la perte d'efficacité Dans l'article Eric laborde indique que l’intégration «fait perdre 8% d’efficacité par rapport à un dispositif non intégré», ces propos doivent être nuancés car certe il y a une perte de 8% avec des membranes photovoltaiques installées comme élément d'étanchéité, non il n'y a pas de perte avec du polycristallin installé en lieu et place des tuiles. En fait ce qui n'est pas écrit dans l'article c'est que dans le cas des centrales installées sur les toits de supermarchés les membranes sont favorisées car elles permettent de toucher la prime ed 57cts et pas le polycristallin....

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

Votre réaction

daniele vannier-brulon



POUR ALLER PLUS LOIN

A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor