Des fraises saupoudrées de perturbateurs endocriniens

Le 09 juillet 2013 par Marine Jobert
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Une analyse qui calme les envies...
Une analyse qui calme les envies...
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Tout fout l’camp! Pour assurer la santé de leur fœtus, les femmes enceintes devraient réfréner leurs envies de fraises. Car à en croire l’analyse réalisée par l’association Générations Futures (GF) de 49 échantillons, les fraises –qu’elles aient été cultivées en Espagne ou en France- seraient riches en résidus de pesticides. 91,83% des échantillons analysés contenaient un ou plusieurs résidus de pesticides -soit 37 molécules différentes- dont la quasi totalité ont été toutefois trouvées à des concentrations en-deçà de la norme autorisée (la limite maximale en résidu, ou LMR).

 

Rien d’illégal au plan réglementaire, mais préoccupant. D’autant, comme le pointe GF, que «8 de ces pesticides sont des perturbateurs endocriniens avérés[1]En effet, 71,42% des échantillons analysés (soit 35 sur 49) présentaient des résidus de ces molécules fortement soupçonnées d’interférer avec le fonctionnement du système hormonal. Les femmes enceintes et allaitantes et les enfants devraient donc privilégier les fruits cultivés en agriculture biologique, recommande GF.

 

En outre, ces analyses ont mis en évidence la présence de résidus de pesticides qui sont aujourd’hui interdits de commercialisation ou interdits d’usage sur la fraise dans les 2 pays de production. En effet,  2 échantillons de fraises françaises (sur 26) contenaient de l’endosulfan, «un insecticide organochloré interdit en Europe depuis 2005 et inscrit sur la liste des polluants organiques persistants devant être éliminés au niveau mondial dans le cadre de la convention de Stockholm, convention mise en œuvre sous l’égide de l’ONU», rappelle GF.  Et 2 échantillons espagnols (sur 23) contenaient du carbosulfan, un insecticide interdit en Europe depuis 2007. «La présence de pesticides interdits en Europe ou sur la culture de la fraise dans plus de 18% des échantillons testés est proprement inacceptable», estime François Veillerette, porte-parole de GF. L’association avait déjà mis la lumière sur la façon dont la direction générale de l’alimentation (DGAL) maintenait des autorisations de mise sur le marché en dépit des alertes sanitaires de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) [JDLE].

 

Dans le cadre de la stratégie nationale sur les PE en cours d’élaboration à l’échelle française, «nous alertons nos dirigeants sur la nécessité de prendre des mesures immédiates et fortes pour réduire l’exposition des populations à ces pesticides PE», insiste François Veillerette. Ce groupe de travail, qui s’est réuni pendant plusieurs mois, n’a pas abouti à un texte assez ambitieux [JDLE], ont déploré les associations parties prenantes, dans une déclaration commune [JDLE].

 



[1] Chlorpyriphos-ethyl, endosulfan, flutriafol, iprodione, myclobutanil, penconazole, pirimicarb, triadimenol.

 



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