Des forêts plus nombreuses, mais plus fragiles

Le 22 mars 2016 par Romain Loury
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La forêt progresse de 0,6% par an
La forêt progresse de 0,6% par an

Si les forêts ont gagné du terrain ces dernières décennies en France, leur santé semble se dégrader, selon le nouvel inventaire forestier publié par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). En cause, plusieurs accidents climatiques survenus ces dernières années.

La forêt progresse: en France, sa surface est passée de 25% du territoire métropolitain en 1980 à 30% en 2010. Pourtant, plusieurs des indicateurs publiés par l’IGN montrent qu’elle n’est pas pour autant en très bonne santé, et que celle-ci tend même à se dégrader.

En 2014, 40% des feuillus souffraient d’un déficit foliaire modéré (compris entre 25 et 60%), contre environ 20% en 2000. Idem pour les résineux, avec une hausse de 10% à environ 33%. Et le taux annuel de mortalité, en volume de bois mort, s’est aussi envolé, avec un doublement depuis 1980.

Pour l’IGN, «cette évolution fait suite aux tempêtes (1999, 2009) et sécheresses (notamment 2003) des deux dernières décennies». L’institut observe aussi une hausse des dommages liés aux pathogènes, essentiellement insectes et champignons, qui pourrait aggraver les dégâts liés au réchauffement.

Les arbres pourraient mieux résister au réchauffement qu’on ne le pensait: c’est ce que suggère une étude australienne publiée lundi 21 mars dans les Pnas. Selon ses auteurs, le taux de respiration des plantes, à savoir leurs rejets de CO2 par les feuilles durant la nuit, s’élève certes avec la température, mais pas de manière exponentielle. Au contraire, ils deviennent progressivement moins sensibles à la température. Exemple en Alaska, où les rejets nocturnes de CO2 par les plantes se sont avérés 28% plus faibles que les chercheurs ne s’y attendaient. Ce puits de carbone pourrait donc être plus résistant au changement climatique.

Biodiversité plus élevée qu’en Europe

La forêt française semble assez diversifiée, avec une moyenne de près de cinq essences par placette de 20 ares. Soit bien plus que le reste de l’Europe, où 80% des peuplements ont moins de quatre essences, contre seulement 36% en France. Ce qui n’empêche pas une forte prépondérance de l’espèce dominante: lorsqu’elle est résineuse, elle constitue 85% des arbres présents.

Or la biodiversité est un facteur crucial pour que les forêts puissent rendre le maximum de services écosystémiques. Selon une étude publiée le 14 mars dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas), menée dans six pays européens, l’homogénéisation des forêts tend à réduire leur «multifonctionnalité», par exemple sur la production de bois d’œuvre, le stockage de carbone, la résistance aux pathogènes ou le maintien de la diversité des oiseaux.



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