Des études scientifiques portent un coup à l'éthanol

Le 07 juillet 2005 par Claire Avignon
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Le développement de l'éthanol utilisé comme biocarburant pourrait avoir des conséquences environnementales négatives, estiment des chercheurs.

Deux recherches scientifiques viennent de remettre en cause l'intérêt du développement de l'éthanol comme biocarburant alternatif à l'essence. D'abord, une étude scientifique américaine parue dans Bioscience conclut que l'éthanol à usage de carburant réduit la biodiversité, augmente l'érosion du sol, et consomme de grandes quantités d'eau pour le nettoyage des cannes à sucre, de l'ordre de 3.900 litres par tonne. Décrits par Marcelo Dias de Oliveira et ses collègues, de l'université d'Etat de Washington, ces impacts environnementaux, uniquement liés à la culture de la canne à sucre, pourraient provoquer un coup de frein au développement de l'éthanol comme carburant qui s'est justement appuyé sur un argument environnemental: le CO2 produit par la combustion de l'éthanol est compensé par la photosynthèse de la plante, les seules émissions de CO2 provenant des transports et du processus industriel.

Or actuellement, cet argument est aussi reconsidéré par les scientifiques. Cette fois-ci par une étude anglo-américaine, publiée dans Nature resources research, qui estime «qu'il n'y a aucun bénéfice énergétique à utiliser la biomasse des plantes pour fabriquer du carburant.» Selon les chercheurs de l'université de Cornell et de Berkeley, le process de fabrication d'éthanol à partir de maïs exigerait 29% d'énergie de plus que celle que l'éthanol peut produire comme carburant, et celle du bois 57% de plus. Les résultats du biodiesel apparaissent du même ordre avec un besoin en énergie pour le produire 27% plus important que l'énergie dégagée en tant que carburant pour le soja, et 118% pour le tournesol. A noter, les scientifiques n'ont pas indiqué les besoins énergétiques d'une raffinerie traditionnelle. «Utiliser de la biomasse n'est donc pas une stratégie soutenable», juge David Pimental, de l'université de Cornell, dans un communiqué de presse. En outre, ces résultats montrent que les biocarburants ne permettent pas de s'affranchir de la dépendance énergétique. Or il s'agit d'un argument essentiel pour le Brésil, où l'éthanol de sucre de canne compte pour 40% du carburant consommé par les véhicules dans le pays, mais aussi pour les Etats-Unis et pour Europe où les biocarburants doivent atteindre un taux d'incorporation de 5,75% d'ici 2010.

Reste que le véritable avenir de l'utilisation de la biomasse dans les véhicules est le BTL (Biomass to liquids), un gaz de synthèse, pour la plupart des spécialistes. C'est d'ailleurs la position décrite dans l'étude «Well to wheels» (1) du Centre commun de recherche de la commissions européenne (2). Réalisé avec la collaboration de l'ensemble des constructeurs européens et américains et des raffineurs, le rapport établit que «le BTL a le potentiel pour économiser substantiellement plus de gaz à effet de serre que les options de biocarburants actuels à coût comparable et mérite d'être davantage étudié.»



(1) Le rapport «Du puits à la roue» se nomme précisément «Well to wheels analysis of future automotive fuels and powertrains in the european context».

(2)  Plus connu sous son nom anglais Joint research center, le Centre commun de recherche a été créé pour aider aux décisions politiques de l'Union européenne.




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