Des enfants survitaminés par leurs céréales

Le 10 juillet 2014 par Romain Loury
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La fortification, un argument de vente
La fortification, un argument de vente
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Aux Etats-Unis, de nombreux enfants présentent des excès en vitamines A, B3 et en zinc, relève l’ONG Environmental Working Group (EWG) dans un rapport publié fin juin. La faute en incombe en partie aux fabricants de céréales du petit déjeuner, trop souvent fortifiées.

Sûrement faut-il y voir les effets de l’information nutritionnelle, plus souvent basée sur les risques de carence que sur ceux d’excès. En effet, si tout le monde sait que la vitamine A est bonne pour la vue, qui sait qu’en excès elle peut endommager le foie, favoriser la chute des cheveux, voire provoquer de l’ostéoporose chez les personnes âgées, des malformations congénitales chez le fœtus?

Tel est l’objet du rapport publié par EWG, qui sonne comme une mise en garde contre les céréales, souvent trop enrichis en éléments présentés comme bons pour la santé. Et qui le sont, certes, mais en quantité raisonnable.

Sur les 1.556 céréales pour petit déjeuner analysées par l’ONG, sur la base des données de FoodEssentials, 114 dépassaient 30% des apports nutritionnels conseillés (ANC) chez l’adulte pour la vitamine A, la vitamine B3 et/ou le zinc. Même constat pour 27 des 1.025 barres céréales étudiées.

45% des enfants en excès de zinc

Or selon de récentes études citées par EWG, 13% des enfants américains, parmi ceux ne prenant pas de compléments alimentaires, seraient en excès de vitamine A. Pour la vitamine B3, dont le trop-plein entraîne urticaires et nausées, 8% en consomment trop, de même que 45% pour le zinc, qui peut favoriser des anémies, perturber le système immunitaire et réduire l’absorption du cuivre.

Selon EWG, la Food and Drug Administration (FDA) devrait mettre un peu d’ordre dans la fortification de tels aliments, qui, en l’absence de réglementation solide, tient plus de l’argument commercial que du bienfait nutritionnel.

Actuellement en cours aux USA (voir le JDSA), la refonte de l’étiquetage nutritionnel va dans le bon sens, mais devrait aller plus loin: au lieu de ne mentionner, en plus des ANC pour adultes, que ceux pour les enfants de 1 à 3 ans, comme il est prévu de le faire, la FDA devrait aussi exiger la même information pour les 4-8 ans.

«Ces enfants mangent un régime différent de celui des adultes; leurs corps sont plus petits; leurs besoins en vitamines et en minéraux sont différents, et leur tolérance vis-à-vis d’éventuels excès est plus faible. Les combiner avec les adultes pour les besoins de l’étiquetage nutritionnel n’a aucun sens scientifique, et peut mener à des surexpositions délétères à certains éléments nutritionnels», conclut EWG.



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