Des élus franciliens s’unissent contre le Terminal 4 de l’aéroport CDG

Le 12 mars 2020 par Victor Miget
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En janvier dernier, 104 élus ont adressé un courrier au président de la République, l’alertant sur les dangers de l’extension de l'aéroport.
En janvier dernier, 104 élus ont adressé un courrier au président de la République, l’alertant sur les dangers de l’extension de l'aéroport.

Créée le 10 mars, l’association d‘élus franciliens demande l’abandon du projet d’extension de l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle.

 

Les rangs des opposants au projet de terminal 4 à Roissy Charles-de-Gaulle grossissent. Ils accueillent désormais dans leurs effectifs le Collectif des élus.es pour le climat contre le Terminal 4 extension Roissy Charles-de-Gaulle. Cette structure, qui réunit une centaine d’élus franciliens, réclame, elle aussi, l’abandon du projet.

Le collectif a été créé par Eugénie Ponthier, maire adjointe en charge de l'écologie à Epinay-sur-Seine (Seine Saint-Denis 93) et en charge de coordonner l’opposition des élus. La naissance de ce collectif fait suite au silence radio de l’exécutif. En janvier dernier, 104 élus (maires, présidents de collectivités de tous bords politiques, ndlr) ont adressé un courrier au président de la République, l’alertant sur les dangers de l’extension d’aéroport. « Le Terminal 4, c’est 40% d’avions en plus (ce qui signifie) des problèmes de santé publique par rapport au bruit et à la pollution de l’air (oxyde d’azote, particule fine). Sans compter que c’est un projet climaticide et d’un autre temps», martèle Eugénie Ponthier.

Parmi les adhérents de l’association, on trouve des représentants de sept villes, dont Epinay, Saint-Denis et Pierrefitte (93). Et aussi, des figures politiques. Comme Stéphane Troussel, président du département de la Seine-Saint-Denis, Gérard Cosme, du territoire Est Ensemble, ou encore Patrick Braouezec, président de Plaine commune.

Recours gracieux bis

A peine créé, le collectif passe à l’action: « Nous allons déposer un recours gracieux [i]concernant le SCoT, le Schéma de cohérence territoriale de Roissy-Pays de France », indique Eugénie Ponthier. Ce document d’urbanisme, qui détaille la réalisation de l'extension du T4, est jugé incomplet selon les opposants. Il ne tiendrait pas compte, , des émissions de gaz à effet de serre, de l’augmentation des nuisances sonores et du trafic routier.

Ce type d’action avait déjà été mené par d’autres opposants, le 18 février dernier. «C’est un recours hors contentieux. Il n’est pas envoyé au tribunal, mais devant l'administration qui a pris le SCoT […] D’ici 4 mois, nous déposerons un recours au tribunal administratif », nous avait précisé, Chloé Gerbier, coordinatrice de l’équipe juridique Super Local, Notre Affaire à Tous. 

Un nouveau courrier

Ces procédures visent à gagner du temps. Les opposants estiment que le projet va trop vite, alors que les élections municipales occupent largement l’emploi du temps des élus. «Les marchés de travaux ont été lancés, les études sont bien avancées, alors qu’il n’y a toujours pas eu d’enquête publique[1]. Or, les travaux sont censés débuter fin 2020. »

En amont, plusieurs associations, dont «Non au T4» et «l’Advocnar», spécialisée dans la lutte contre les nuisances aériennes, ont envoyé un courrier à 250 candidats aux élections municipales en Ile-de-France, rapporte Le Parisien. Leur demande? Qu’ils prennent position contre le Terminal et qu’ils s’engagent à voter une motion s’ils étaient élus.

Encadré

ADP : Atterrissage forcé. La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a annoncé, mercredi 11 mars, que la privatisation d’Aéroport de Paris (ADP) «ne saurait se poser dans l'immédiat, compte tenu des conditions actuelles du marché».



[1] Elle est prévue à la fin du premier trimestre de 2020.



[i]  Le recours gracieux a pour effet de suspendre le délai de deux mois pour attaquer un permis en justice.