Des élus britanniques veulent sanctuariser l'Arctique

Le 20 septembre 2012 par Alexia Tilly
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Des militants de Greenpeace contre les forages de Gazprom dans l'Arctique
Des militants de Greenpeace contre les forages de Gazprom dans l'Arctique

Pour la première fois, des politiques se positionnent en faveur d’un moratoire sur les hydrocarbures du grand Nord. Ils soutiennent également l’idée de sanctuarisation d’une partie de l’Arctique, alors que la banquise vient d’observer un record de fonte cet été.

Stop! Pour les députés britanniques, ca suffit. L’exploitation de gaz et de pétrole en Arctique n’est pas suffisamment sécurisée et doit donc s’interrompre pour l’heure. Ce cri d’alerte provient du comité d’audit sur l’environnement du parlement britannique, qui publie jeudi 20 septembre un rapport préoccupant. Alors même que la banquise du pôle Nord vient d’établir un nouveau record à la baisse.

Cet été, pour la première fois, la couche de glace de mer s’est rétrécie à 4,1 millions de kilomètres carrés. En hiver, lorsque le froid reprend ses droits, l’océan gèle sur une surface quatre fois plus importante. Mais au rythme où vont les choses, l’Arctique pourrait bien ne plus voir la moindre surface de glace de mer durant l’été d’ici 4 ou 5 ans. Soit bien plus rapidement que prévu.

«La vitesse choquante à laquelle la glace de mer de l’Arctique fond devrait être un signal d’alarme pour le monde entier. Nous devons limiter le recours aux énergies fossiles, et rapidement», explique la députée Joan Walley, qui a participé à l’enquête. L’élue se dit consternée de voir, au contraire, une nouvelle ruée vers l’or, qui s’effectue de surcroît au sein d’un vide juridique total.

Et c’est bien ce que le parlement britannique souhaite voir changer. Le Royaume-Uni, qui est membre du conseil de l’Arctique en tant que simple observateur au même titre que la France, n’a toutefois aucun pouvoir sur la zone. Les cinq pays qui se partagent les parcelles du pôle Nord sont souverains sur leur territoire, et le Conseil de l’Arctique n’a qu’un rôle consultatif.

Les députés plaident néanmoins pour que leur gouvernement fasse ce qui est en son pouvoir. Le ministère des affaires étrangères a répondu qu’il considérerait la question.

Car les réclamations des députés ne vont pour l’heure pas du tout dans le sens de l’histoire. Une plate-forme appartenant au russe Gazprom est en cours de démarrage en plein Arctique, et Shell et BP ont également des opérations importantes.

Pourtant, selon le comité, les risques sont grands. En cas d’une marée noire qui interviendrait à la fin de la saison de forage, c’est à dire au mois de septembre, aucune intervention ne pourrait être organisée avant la fonte des glaces de mer, l’été suivant. La présence de pétrole sous la couche de glace risquerait d’avoir des conséquences catastrophiques pour la biodiversité.

En plus d’une série de recommandations sur l’organisation d’un moratoire sur l’exploitation des sous-sols tant que les conditions de sécurité ne sont pas contrôlées, le rapport parlementaire plaide aussi pour un accord international sur la sanctuarisation d’une partie de l’Arctique.

C’est la première fois que cette idée, initialement avancée par des ONG comme Greenpeace et les Amis de la Terre, est soutenue par des élus. L’Antarctique a été entièrement sanctuarisée dans les années 1950, mais les intérêts géopolitiques et économiques ont toujours pris le dessus sur les préoccupations environnementales en Arctique.

http://www.publications.parliament.uk/pa/cm201213/cmselect/cmenvaud/171/17102.htm

 



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