Des écoles françaises très polluées

Le 06 juillet 2005 par Charlotte Monégier
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Une enquête montre que les écoles connaissent une pollution intérieure importante, sources de maladies infectieuses et d'allergies, notamment en raison d'un manque d'application de la réglementation.

Le 4 juillet dernier, des experts se sont réunis au ministère chargé de l'environnement pour un colloque organisé par le réseau Recherche santé-environnement intérieur sur la pollution de l'air intérieur dans les écoles. Les différentes études montent que les écoles sont mal aérées, favorisant ainsi les concentrations de polluants. Aujourd'hui, installer un système de renouvellement d'air dans les écoles représente un investissement notable. En France, 6.520.000 écoliers passent en moyenne sept heures par jour dans l'une des 57.000 écoles de l'Hexagone. Mais la majorité des écoles (80 à 90%) n'a pas de ventilation mécanique. Et celles qui en disposent ne les entretiennent pas régulièrement, provoquant le bouchage des filtres d'aération. «Pourtant, il est aujourd'hui imposé aux écoles françaises d'être pourvues d'un tel système», souligne Séverine Kirchner, chercheur au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). Selon la réglementation en vigueur, les renouvellements d'air doivent être d'au moins 15 mètres cubes (m3) par heure et par personne. Mais en France, une étude menée en 2001 par l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur (OQAI), rattaché au CSTB, démontre qu'aucune des 11 écoles visitées ne respectait cette norme: le débit maximal observé dans l'échantillon était seulement de 10 m3.

Ce manque de respect de la réglementation représente un danger pour les élèves: plus une salle de cours ou une crèche est confinée, plus les substances polluantes s'y agglutinent. «Outre le manque de ventilation, une salle de cours de petit volume sans accès direct vers l'extérieur ou dotée de fenêtres à double vitrage et donc imperméables, augmente les risques de pollution intérieure», ajoute Claire Segala, chargée de recherche au bureau d'études Sepia-Santé. Cela engendre ce que les spécialistes appellent le «Sick Building Syndrome» qui regroupe des symptômes tels que maux de tête, vertiges, nausées, allergies et asthme. Surtout, il affecte directement les performances des élèves, provoquant somnolence, pertes d'attention et de mémoire.

Les études présentées ce 4 juillet insistent essentiellement sur la présence anormale de formaldéhyde, une substance chimique classée «cancérogène de niveau 1» par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). «Une campagne de mesures dans les écoles et crèches de Strasbourg a relevé en 2004 et 2005 des teneurs significatives de cette substance chimique, ce qui représente un véritable risque pour nos enfants», explique Nathalie Leclerc, de l'Association de surveillance de la qualité de l'air en Alsace. «On a retrouvé dans certains de ces lieux un taux de formaldéhyde allant jusqu'à 124 microgrammes par mètre cube (µ-g/m3) sur 48 heures d'étude, alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en fixe la limite à 100 µ-g/m3 sur 30 minutes», s'inquiète-t-elle. Le formaldéhyde se trouve dans de nombreux produits utilisés régulièrement en classe par les élèves, comme la colle, les encres, les vernis ou les produits nettoyants. D'autres polluants toxiques ont été retrouvés dans l'air intérieur comme une concentration excessive de CO2, des composés organiques volatiles (Cov) comme le toluène, ainsi que des aldéhydes. Mais ils sont moins préoccupants pour la santé des élèves car en plus faibles quantités que le formaldéhyde. 

Pour combattre ce mal, il faut le cerner parfaitement, mais les études scientifiques connaissent de nombreuses limites. Elles ont été menées sur des périodes courtes, avec un nombre limité de facteurs, ne sachant pas encore prendre en compte tous les indicateurs de confinement favorisant la pollution intérieure. L'enquête nationale de l'OQAI, lancée en 2003 sur l'air intérieur de 720 logements français, doit apporter des précisions sur 80 écoles. Mais un programme plus spécifique sur les lieux de vie des enfants (écoles, collèges, piscines, gymnases, crèches, etc.) sera lancé dès l'automne 2005.




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