Des députés français lèvent le voile sur la surpêche en Europe

Le 18 juillet 2019 par Stéphanie Senet
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Le rapport pointe du doigt la Commission et le Conseil de l'UE
Le rapport pointe du doigt la Commission et le Conseil de l'UE
VLDT

Présenté le 17 juillet à la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale, un rapport parlementaire préconise 27 mesures pour lutter contre l’effondrement des ressources halieutiques en Europe.

Trente ans après les premières alertes, deux députés français –Jean-Pierre Pont (LREM, Pas-de-Calais) et Didier Quentin (LR, Charente-Maritime)- tirent le signal d’alarme et appellent à mettre fin, au plus vite, à la surpêche dans l’Union européenne. Un objectif qui a été adopté par tous les Etats membres en 2013 dans le cadre de la réforme de la politique commune de la pêche (PCP) et qui doit être atteint au plus tard en 2020.

 

Lever le voile sur les quotas

Dans leur rapport «sur une pêche durable pour l’Union européenne», les députés demandent à la Commission et au Conseil européens d’établir des quotas de pêche dans une plus grande transparence. Fruits de négociations à huis clos, les totaux admissibles de capture (TAC) excèdent les avis scientifiques, pour 70% d’entre eux entre 2001 et 2017 selon la New Economics Foundation. Les députés demandent à Bruxelles de justifier tout dépassement et de programmer les TAC de façon pluriannuelle. L’ONG ClientEarth avait d’ailleurs porté plainte auprès de la médiatrice européenne, en avril 2019, pour le manque de transparence dans l’établissement des quotas.

 

Un fonds à mieux cibler

Visé, le Fonds européen aux affaires maritimes et à la pêche, favorise aussi la surpêche via ses aides au renouvellement des flottes. Doté de 6,4 Md€ pour la période 2014-2020 dont 588 M€ pour la France, «il incite trop peu aux innovations techniques favorisant la durabilité», concluent Jean-Pierre Pont et Didier Quentin. Seuls 20,6% des crédits accordés à la France ont d’ailleurs été consommés en mai 2019. Le rapport préconise d’en utiliser 30% au moins pour une pêche durable.

 

Plan d’urgence en Méditerranée

Leur rapport propose aussi un plan d’urgence pour la Méditerranée, où la surpêche –record- touche 90% des stocks halieutiques, contre 60% des stocks l’Atlantique. Au menu: des fonds dédiés à la recherche halieutique régionale (les évaluations en France ne concernent que 200 stocks) et l’introduction de quotas pour toutes les espèces pêchées, en particulier le merlu européen, dont l’effondrement des juvéniles est observé depuis le début des années 1990. Enfin, le rapport appelle à la création d’un label européen de pêche durable et à la prise en compte de la pêche de loisir dans les politiques de gestion.

 

Pêche en eaux troubles / En examinant les données fournies par le Global Fishing Watch, l’ONG Oceana a calculé que la Méditerranée a connu au moins 28.000 heures de pêche manifestement illicite, non déclarée ou mal réglementée en 2018 dans des zones d’accès réglementé. L’association demande aux Etats membres de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée et la Mer Noire (CGPM) d’accroître les systèmes de contrôle et les sanctions.



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