Des déchets chimiques à ciel ouvert en Alsace

Le 01 décembre 2011 par Stéphanie Senet
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Une association suisse, Pingwinplanet, a révélé le 29 novembre que des déchets de béton et des graviers, entassés depuis 40 ans dans un chemin de terre alsacien, étaient contaminés par un puissant insecticide: l’hexachlorocyclohexane (HCH).

 
La localisation de ces résidus n’est pas un hasard. Ils sont situés à moins de 10 kilomètres à vol d’oiseau de la ville suisse de Bâle, pôle historique de l’industrie chimique suisse.
 
L’association suisse à l’origine de l’information estime que ces déchets ont été déposés, en 1972, sur des chemins situés entre les communes de Hagenthal-le-Haut et Hagenthal-le-Bas, dans le Haut-Rhin. Ils seraient issus de la production de lindane, un insecticide aujourd’hui interdit, que fabriquait l’entreprise Ugine Kuhlmann, désormais disparue. Elle a effectué des prélèvements, aidée par un spécialiste des pollutions industrielles, Martin Forter, qui connaît précisément l’activité de l’usine Ugine Kuhlmann.
 
Selon Pingwinplanet, les déchets de béton contiennent de fortes doses de HCH: jusqu’à 750 grammes par kilogramme. Ils auraient contaminé les troupeaux de vache ainsi qu’un cours d’eau tout proche, le Lertzbach. Une contamination humaine n’est pas à exclure, avec des risques de cancer, ajoute l’association.
 
Elle montre du doigt les autorités françaises qui étaient, selon elle, au courant de la situation depuis 1972 et qui n’ont pris aucune mesure. Le maire de Hagenthal-le-Bas, François Gasser, assure aujourd’hui qu’il n’était pas au courant de ces dépôts. Il a annoncé avoir contacté la sous-préfecture de Mulhouse et la préfecture de Colmar.
 
Pingwinplanet rapporte que des analyses ont déjà été réalisées en 2005 par l’office cantonal de l’environnement de Bâle, révélant des teneurs élevées en HCH dans le Lertzbach. Aucune suite n’avait pourtant été donnée.
 
Si l’entreprise Ugine Kuhlmann à l’origine de ces déchets toxiques n’existe plus, une suite d’acquisitions et de fusions a reporté la responsabilité de cette pollution sur le groupe minier anglo-australien Rio Tinto. Pour l’heure, la première mesure à prendre est d’évaluer l’étendue des dégâts.
 


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