Des crottes pour fabriquer des biocarburants

Le 02 septembre 2011 par Célia Fontaine
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L’idée pourrait faire sourire, mais c’est très sérieusement qu’elle a été exposée par des scientifiques à Denver (Etats-Unis) le 31 août dernier au cours de la 242e conférence nationale de la Société américaine de chimie (ACS, selon l’acronyme anglais).
 
C’est en étudiant pendant un an un couple de panda au zoo de Memphis que les chercheurs sont parvenus à ces conclusions. On connaissait la faculté de l’animal à digérer plus facilement qu’un autre une grande quantité quotidienne de nourriture difficilement dégradable, comme le bambou. Les chercheurs ont pu identifier dans les excréments de l’ours noir et blanc la présence de puissantes bactéries capables de transformer en nutriments la cellulose contenue dans les plantes. En «cassant» le matériel végétal comme il faut, les bactéries digestives[1] transforment les déchets végétaux en sucres simples.
 
«Les bactéries intestinales des pandas pourraient convertir jusqu'à 95% de la biomasse végétale en sucres simples», confirme Ashli Brown, biochimiste à l’université d’Etat du Mississipi, et principale auteur de l’étude.
 
Un nouveau biocarburant pourrait ainsi être produit, non pas à partir de maïs ou autre source alimentaire, mais à partir d’herbe, de copeaux de bois et de résidus de plantations, rapporte Science Daily le 2 septembre.  
Cette découverte permettrait d’éviter le recours aux cultures aujourd’hui plantées pour produire de l’éthanol, qui utilisent l’espace disponible pour les autres cultures alimentaires nécessaires à l’homme. En outre, l’efficacité de ces enzymes permet d’éviter le besoin de chauffer, d'utiliser des acides ou des processus à haute pression pour fabriquer les biocarburants. Résultat, un gain de temps et d’argent.
 
Mais les recherches doivent se poursuivre. Les scientifiques étudient chaque bactérie identifiée pour trouver celle qui sera la plus efficace afin qu’elle soit transformée en levures puis utilisée concrètement sur le marché.
 
 «Qui aurait deviné que les crottes de panda puissent aider à résoudre un des obstacles majeurs à la production de biocarburant, celui d'optimiser la répartition des matières premières végétales utilisées pour produire les carburants?» a déclaré Ashli Brown. Et de poursuivre: «Cette découverte nous enseigne une leçon sur l'importance de la biodiversité et la préservation des espèces. [...] Les animaux et les plantes sont une source principale de médicaments et autres produits dont les gens dépendent. Lorsque nous les perdons, nous pouvons perdre aussi des sources potentielles de ces produits».
 
Les excréments de panda ne sont pas les seuls à être étudiés par les scientifiques. Une équipe de l’entreprise néerlandaise DSM a l’intention de développer en Europe et aux Etats-Unis un nouveau biocarburant à base d’excréments d’éléphants, selon le quotidien britannique The Independent.
 
Un enzyme similaire a été retrouvé dans l’estomac et les excréments des pachydermes. Celui-ci serait capable de «digérer le glucose mais également les sucres qui restent normalement capturés dans la cellulose des plantes. En mélangeant ces enzymes avec du compost végétal, les scientifiques ont réussi à convertir 90% de la biomasse en éthanol, soit le double de ce qui est possible avec les
 
méthodes actuelles».
Ce sont 90 milliards de litres de bio-ethanol qui pourraient ainsi être produits en Europe d'ici 2020 et remplacer plus de 60% du carburant automobile conventionnel, limiter l'utilisation du maïs et réduire jusqu'à 40% les émissions des véhicules, selon DSM.


[1] comme celles des termites qui peuvent digérer le bois,


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus