Des chiens pour chasser le capricorne asiatique en Corse

Le 18 février 2014 par Marine Jobert
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Un Capricorne asiatique mâle découvert dans le canton de Fribourg (Suisse).
Un Capricorne asiatique mâle découvert dans le canton de Fribourg (Suisse).
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La sensibilité de la truffe canine n’a pas de limite… En Corse, des chiens sont utilisés pour détecter la présence de capricornes asiatiques, ces coléoptères très dangereux pour les arbres à bois tendre. Comme il n’existe pas de méthode de piégeage efficace et que les traitements phytosanitaires sont difficiles à mettre en œuvre et peu efficients, il est indispensable de repérer le parasite et ses larves le plus tôt possible. C’est la mission confiée à deux labradors noirs et à un berger hollandais, dressés à la reconnaissance d'odeur des larves, des adultes et des nymphes, ainsi qu'à la sciure de bois produite par ces insectes. Ils vont renifler pendant trois semaines des arbres de la commune de Furiani, mais aussi les palettes de bois qui transitent en grand nombre par la zone commerciale de la ville et qu’affectionnent les capricornes asiatiques.

 

Cette initiative -une première nationale- a été initiée par la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations de la Haute-Corse, en partenariat avec la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles de Corse (Fredon). Une technique qui a déjà fait ses preuves en Allemagne, en Autriche et en Suisse. «Ce sont des chiens qui ont la particularité de sentir les phéromones du capricorne, même s'il n'a fait que passer sur un arbre. Leur rôle sera de détecter des traces, mais aussi détecter les arbres dans lesquels le capricorne est présent», explique Philippe Tejedor, le directeur départemental de la cohésion sociale et de la protection des populations de la Haute-Corse, à Corse Net Info. Un contrôle visuel est nécessaire après détection. Plusieurs arbres, déjà atteints, ont déjà été coupés et brûlés l’an passé. L’urgence est que le fléau ne se déplace pas vers le maquis.

 

Il s’agit en fait de deux espèces -Anoplophora chinensis et Anoplophora glabripennis- importées sur le continent dans les années 2000 via des bonsaïs originaires d’Asie pour la première, cachées dans des emballages de blocs de fonte pour la fabrication de contrepoids d’ascenseur pour la seconde. Les palettes, caisses ou conteneurs en bois leur sont favorables, ce qui rend leur dissémination très aisée. La surveillance est notamment axée sur les zones industrielles et leurs abords, les communes qui importent de nombreux produits d’Asie et les ports d’importation et les aéroports où sont débarqués des matériels et produits d’origine asiatique, et l’environnement de ces lieux. Des arrêtés d’éradication ont été pris en 2003 en France.

 

Le département d’Etat américain de l’agriculture estime qu’en l’absence de maîtrise, l’installation durable d’A. glabripennis pourrait conduire à des pertes de l’ordre de 138 milliards de dollars (100 Md€}. En Amérique du Nord, des mesures drastiques ont été mises en œuvre afin de limiter la propagation de ces longicornes asiatiques, rappelle le ministère de l’agriculture dans une note d’information. Les deux espèces ont une forte appétence pour les érables, bouleaux, ormes, saules, peupliers, mais aussi pommiers et poiriers. De plus A. chinensis s'attaque de manière préférentielle aux agrumes (orangers, citronniers). L’Union européenne a édicté une interdiction d'importer des plants d'érable en provenance de Chine.

 

De nouvelles techniques de diagnostic sont à l'étude, détaille la sous-direction de la qualité et de la protection des végétaux dans une note. Comme le nez sensoriel électronique, les captures grâce aux phéromones, le diagnostic moléculaire basé sur l'ADN retrouvé dans les fèces des larves ou la détection sonore. Côté lutte biologique, des essais sont en cours avec un parasitoïde en Italie, ainsi qu'une méthode d'attraction/destruction («attract and kill») testée aux Etats-Unis (il s'agit d'attirer les insectes par des pièges avec des phéromones vers des arbres traités avec des insecticides).

 

 



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