Des chaluts sonorisés pour éloigner les cétacés

Le 19 février 2019 par Stéphanie Senet
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Les chaluts sont équipés de trois pingers à chaque opération de pêche
Les chaluts sont équipés de trois pingers à chaque opération de pêche

Tous les chaluts pélagiques du golfe de Gascogne seront équipés d’un répulsif acoustique d’ici le 30 avril 2019. Objectif: réduire les captures accidentelles de cétacés.

 

Alors que plus de 600 dauphins se sont échoués sur les plages françaises depuis le début de l’année (cf. encadré), les «pingers» apportent une note d’optimisme au dossier de la biodiversité marine. Installés sur les engins de pêche, ces dispositifs acoustiques permettraient de baisser de 65% les captures accidentelles de dauphins, selon l’expérimentation menée entre février et avril 2018[1].

 

Echouages en série/ Plus de 600 dauphins communs se sont échoués sur les plages françaises depuis le début de l’année, selon l’Observatoire Pélagis basé à La Rochelle. Ayant pratiqué de nombreuses autopsies, l’organisme est formel: dans la très grande majorité des cas, la mort est causée par un filet de pêche. Ces taux alarmants de mortalité sont observés pour la troisième année consécutive sur les côtes françaises.

L’opération a été conduite dans le cadre du projet PIC[2] piloté par les Pêcheurs de Bretagne, en partenariat avec l’Ifremer[3] et l’observatoire Pélagis. «L’objectif était de tester l’efficacité d’un modèle sur des chaluts pélagiques en vue d’une commercialisation», explique au JDLE Marion Fiche, chargée de mission aux Pêcheurs de Bretagne. Son coût, évalué à 73.000 euros, est financé par France Filière Pêche (FFP) à hauteur de 50.000€. Le reste provient de l'Ifremer, Pélagis et les Pêcheurs de Bretagne.

 

14 paires de chalutiers

Grâce à ses bons résultats, le pinger DDD03H a été développé à plus grande échelle par la société STM Products. Ce qui a permis à la FFP d’annoncer, le 15 février, que la totalité des chaluts pélagiques opérant dans le golfe de Gascogne (14 paires) seraient équipés d’ici le 30 avril.

 

«Ce n’est pas la première fois qu’un pinger est mis au point. Un autre modèle avait déjà montré son efficacité sur les marsouins, dans le cadre d’un projet européen conduit entre 2004 et 2009. Mais il n’avait pas trouvé preneur pour une commercialisation», se souvient Marion Fiche.

 

Nouveau projet de recherche

A chaque opération de pêche, un chalut sera donc équipé de trois pingers, qui émettent des fréquences sonores régulières éloignant les dauphins. «Nous allons aussi essayer d’améliorer cette technologie dans le cadre du projet Licado[4], qui sera lancé au printemps», explique Marion Fiche. Pendant trois saisons de pêche, l’objectif est de tester un nouveau modèle de pinger dont les fréquences ne se déclenchent qu’en présence d’un cétacé, ainsi que des modèles pouvant s’adapter sur d’autres engins de pêche, comme les filets.

 

Tracer les dérives

Ce projet de recherche vise aussi à améliorer la connaissance des échouages, en s’appuyant sur un marquage de chaque cétacé pris dans un chalut pélagique. «Nous voulons mieux comprendre le phénomène de dérive qui est à l’œuvre», affirme la représentante de Pêcheurs de Bretagne. Pour cela, le nombre d’observateurs à bord devrait être augmenté, pour surveiller au moins 30% des jours de mer effectués par les chaluts pélagiques du golfe de Gascogne.

 

 

 



[1] auprès de 6 navires bretons ayant effectué 218 opérations de pêche

[2] Analyse de l’utilisation des pingers à cétacés pour les activités de pêche des chalutiers pélagiques et des fileyeurs

[3] Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer

[4] Limitation des captures accidentelles de dauphins communs en golfe de Gascogne: tests d’efficacité



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