Des cantoches sans OGM, c’est pas pour demain

Le 15 septembre 2016 par Marine Jobert
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L'étiquetage laisse encore à désirer.
L'étiquetage laisse encore à désirer.

Un rapport de l’association Inf’OGM rend compte de la difficulté des collectivités à obtenir des informations sur la présence d’OGM dans certains aliments, surtout ceux provenant d’animaux. Un étiquetage plus strict s’impose.

Nombreuses sont les collectivités qui souhaitent une cantine sans OGM. Mais qu’entend-on par là exactement? Et comment s’y retrouver dans les dénominations parfois traîtres de la réglementation? C’est ce qu’a tenté d’éclairer l’association Inf’OGM, qui a lancé une enquête auprès des communes pour dresser un état des lieux de leurs relations parfois compliquées avec l’étiquetage et des expériences développées depuis 2008, date du moratoire sur l'interdiction de la culture des OGM en France.

Les cantines scolaires sont-elles tenues de révéler la composition de produits qu’elles utilisent? Non, car il n’existe pas d’obligation d’étiquetage des denrées non préemballées dans le cadre de la restauration collective.

Animaux nourris avec OGM

Œufs, viande, poisson, produits laitiers… C’est d’eux que proviennent «les difficultés et inconnues majeures d’une restauration sans OGM», constate Inf’OFM, puisqu’ils ne sont pas soumis à obligation d’étiquetage étant considérés non pas comme ‘contenant des OGM’, mais comme ‘produits à l’aide d’OGM’. Une «faille réelle», estime Inf’OGM, puisque c’est «majoritairement par cette voie que les OGM sont utilisés pour la production de notre alimentation». Un état de fait qui a probablement freiné le développement de la filière ‘sans’, même si un étiquetage valorisant cette absence peut être apposé (mais il est peu usité en France).

Gestion directe

Comment les collectivités les ont-elles remplacés par leurs équivalents issus d’animaux nourris sans OGM? L’information est compliquée à obtenir, soit parce que les prestataires sont mal informés, soit parce qu’ils peinent à communiquer sur le sujet. Sans surprise, ce sont les collectivités ayant fait le choix d’une gestion directe, le plus souvent en régie municipale, qui sont les plus avancées sur les questions d’alimentation durable et par conséquent d’OGM (comme à Albi, Mouans-Sartoux ou Briançon). Manger ‘sans OGM’, c’est surtout, a constaté l’association, inscrire ses approvisionnements et plus largement le rôle de sa campagne dans une dynamique agricole nouvelle, «pour encourager des cultures plus justes économiquement, plus protectrices de l’environnement et productrices de produits de meilleure qualité».

Aller vérifier soi-même

L’association formule une série de recommandations. Notamment de ne pas se contenter d’introduire des clauses ‘sans OGM’ dans les critères des cahiers des charges lors de la passation des marchés publics. «Les élu-e-s et les services techniques [doivent aller] à la rencontre des agriculteurs pour les inciter à passer au ‘sans OGM’», pour faire connaître cette demande et la possibilité de s’y convertir. A défaut, la tentation est grande d’aller s’approvisionner à l’étranger. Reste la difficulté de contrôler l’absence d’utilisation d’OGM dans l’alimentation des animaux: «C’est au gestionnaire de la cantine qu’il revient de s’assurer du respect des conditions du cahier des charges», quitte à aller jusqu’à vérifier les achats d’alimentation animale de leurs fournisseurs. Un sacerdoce?

 



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