Des boues noires échouées sur des îles japonaises

Le 05 février 2018 par Stéphanie Senet
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Le risque de dépôt d'hydrocarbures a été cartographié par le National Oceanography Centre
Le risque de dépôt d'hydrocarbures a été cartographié par le National Oceanography Centre

Des vases noires ont atteint les côtes d’îles japonaises, le 5 février, selon les garde-côtes. Elles proviennent probablement du pétrolier qui a coulé il y a trois semaines au large des côtes chinoises.

 

Des «boues de pétrole» se sont échouées sur les côtes des îles japonaises d’Amami-Oshima et de Takara-jima. Les garde-côtes vérifient actuellement si elles proviennent effectivement du pétrolier iranien Sanchi, qui a fait naufrage le 14 janvier après avoir éperonné un cargo chinois à 300 kilomètres au large de Shanghaï, et dont les 32 membres d’équipage ont trouvé la mort.

Appartenant à la compagnie National Iranian Tanker Company et battant pavillon panaméen, le navire transportait 136.000 tonnes de condensats[1] et 1.000 t de brut. Le pétrolier ayant brûlé pendant plusieurs jours, il est difficile de savoir combien de condensats et de fuel lourd étaient à bord lors du naufrage.

Les condensats ne forment pas de nappes en surface comme dans le cas d’une marée noire, mais génèrent des boues très difficiles à séparer de l’eau et qui s’avèrent extrêmement toxiques pour la faune et la flore marines. «C’est également un produit qui s’étale énormément. L’équivalent d’un verre d’eau peut provoquer un dépôt de la taille d’un terrain de football», précise au JDLE Stéphane Doll, directeur du Cedre[2].

 

Dérive rapide

«Il s’agit de vases graisseuses», a décrit à l’AFP Wataru Higo, un fonctionnaire de Toshima, sur l’île de Takara-jima (sud), où ces boues se sont échouées sur une zone de 7 kilomètres de long. «Nous craignons que leur arrivée augmente avec le temps, en fonction de la marée et du vent», a-t-il ajouté. Si ces ‘vases’ sont issues du Sanchi, alors leur dérive s’est produite beaucoup plus rapidement que ne l’avaient estimé les scientifiques.

Le gouvernement chinois avait déclaré le mois dernier que deux dépôts s’étaient formés à l’issue du naufrage, dont le plus important s’étendait sur 13 km de long et 11 km de large.

 

Nettoyage et surveillance

L’île d’Amami-Oshima fait partie des îles Amami, connues pour leurs plages immaculées et leurs systèmes récifaux. «Les cétacés, les oiseaux et les poissons sont exposés à un fort risque de contamination», a alerté Paul Johnston, représentant l’ONG Greenpeace. Il appelle les autorités japonaises à intensifier leurs efforts de nettoyage et de surveillance des eaux.

 



[1] Les condensats sont un mélange léger d’hydrocarbures servant essentiellement de base à la pétrochimie ou pour la production d’essence. Ils sont hautement inflammables.

[2] Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux

 



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