Des boues brûlées en cimenterie

Le 02 décembre 2004 par Loïc Chauveau
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La filière est peu connue. Elle fonctionne pourtant à plein grâce à Scori, un accord industriel entre le spécialiste des déchets Sita et les cimentiers Calcia, Lafarge et Vicat. Bien que de faible pouvoir calorifique, les boues industrielles et urbaines intéressent le secteur.

Depuis des décennies, les fours de cimenteries brûlent un éventail de plus en plus large de produits non pétroliers: déchets industriels, farines animales, pneus, etc. Ces produits représentent un tiers de l’approvisionnement des 30 cimenteries françaises, soit entre 800 et 900.000 tonnes de déchets par an. Après une dizaine d’années d’expérience, il faut désormais ajouter à la liste les boues de station d’épuration urbaines et industrielles: «ces produits ont un pouvoir calorifique faible, d’environ 1.800 kilocalories par kilos contre 10.000 pour le fuel ou 5.000 pour le charbon, a expliqué Marie-Laurence Wacquez, directrice commerciale chez Sita lors d’une présentation effectuée dans le cadre de Pollutec. Mais cette valorisation est intéressante pour le fournisseur des boues comme pour le cimentier qui adjoint à son éventail énergétique une nouvelle source de revenus».
Les boues sont parfaitement incinérées grâce à la température de 2.000 degrés nécessaires à la transformation du calcaire et de l’argile en ciment. Le temps de présence de cinq à six secondes des gaz dans le four rotatif permet de détruire les principaux polluants. L’excès d’oxygène assure une oxydation performante de la matière et la rotation du four assure un brassage fin qui optimise l’incinération et évite la formation de cendres. Quant aux fumées, elles sont neutralisées par le milieu alcalin des fours.
Il reste que les cimentiers n’acceptent pas n’importe quel produit. Pour les boues industrielles, ils doivent respecter les règles d’incinération définies par l’arrêté ministériel du 10 octobre 1996 et les boues municipales obéissent aux normes définies par arrêté du 8 janvier 1998: «les pré-requis techniques imposent que les boues puissent être chargées à la pelle, qu’elles soient conditionnées à la chaux pour éviter les odeurs et qu’elles soient exemptes de métaux lourds et de PCB-PCT, poursuit Marie-Laurence Wacquez. Certaines usines demandent par ailleurs le respect de teneurs en soufre, phosphore ou alcalins».
L’incinération en cimenterie exige une homologation spécifique notamment pour la valorisation matière. Les cimentiers demandent par ailleurs à leurs fournisseurs un approvisionnement pérenne. Tous les sites bénéficiant de l’accord Scori sont certifiés Iso 9001 et Iso 14001.


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