Des bactéries gloutonnes de méthane

Le 07 janvier 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Ils n’en sont toujours pas revenus. Tout au long de la marée noire provoquée par le naufrage de la plate-forme DeepwaterHorizon , des océanographes américains n’ont cessé de mesurer les volumes d’hydrocarbures relâchés par le puits accidenté.

 

Mettant leurs forces en commun, les scientifiques des universités Texas A&M, de Californie et du New Hampshire ont évalué que le méthane représentait 20 % du volume total d’hydrocarbures relargués en mer, entre le 20 avril et le 15 juillet derniers.

 

Or, selon les derniers relevés (datant de septembre), ces importants volumes de gaz naturel ont disparu. La cause ? L’insatiable appétit de micro-organismes méthanotrophes. Selon un article publié jeudi 6 janvier sur le site de Science, la dispersion du panache sous-marin de méthane a provoqué des blooms de bactéries mangeuses de méthane qui ont digéré la totalité du CH 4 dilué dans l’eau de mer. Le méthane «a été complètement consommé par ces bactéries début septembre, ce qui a été plus rapide que ce à quoi nous nous attendions», explique David Valentine, l’un des principaux auteurs de ces travaux.

Le professeur de géochimie à l'université de Californie à Santa Barbara ajoute que d’autres organismes ont également consommé une partie de l’huile, ainsi que la totalité de l’éthane et du propane relâchés dans l’Atlantique.

 

Mal expliqué, ce développement spontané de micro-mangeurs d’hydrocarbures est une aubaine. Pour les dépollueurs, tout d’abord. Car sans leur aide inattendue, il est probable que la marée noire aurait pu être beaucoup plus dévastatrice pour l’environnement lacustre côtier. Pour les climatologues, ensuite. Le méthane est un puissant gaz à effet de serre (son pouvoir de réchauffement global est 25 fois supérieur, sur un siècle, à celui du CO 2). Or le fond des océans en recèle des volumes considérables, pour le moment séquestré sous forme d’hydrates de gaz. Mélange de glace et de gaz, ces clathrates pourraient relarguer le méthane dans l’atmosphère, en cas de réchauffement de la température régnant à grande profondeur. Sauf si, entre le fond et la surface, de petites bactéries digéraient à temps les molécules de gaz naturel.



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