Des avions démantelés à Châteauroux

Le 04 novembre 2004 par Loïc Chauveau
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Bartin Group, société française spécialisée dans la récupération de ferraille et de métaux non ferreux, projette d'ouvrir une plate-forme de démantèlement d’avions de ligne sur l’aéroport de Châteauroux-Déols (Indre). C’est une première en Europe.

Où vont mourir les avions ? Bizarrement, il n'y a pas de filière spécialisée. Aux Etats-Unis, on se contente de les parquer dans le désert de l'Etat du Nevada: «En Europe, il n'y a pas de filière de recyclage, affirme Emmanuel Vigreux, en charge du dossier à Bartin group. De vieux avions pourrissent en bout de piste sur de petits aéroports. Des récupérateurs enlèvent ce qui a de la valeur: les sièges, des métaux rares. Mais la carcasse est souvent abandonnée.» Pour éviter que l'avion ne soit renversé par les intempéries, on le leste en remplissant ses réservoirs.

Si Bartin group a eu l'idée d'implanter une plate-forme de recyclage à Châteauroux-Déols, c'est que cet aéroport est spécialisé dans la maintenance des avions. Et l'activité implique que des aéronefs en fin de vie fassent ici leur dernier atterrissage: «Recycler des avions ne constitue pas une activité totalement nouvelle au sein du groupe Bartin, affirme Vincent Bartin le PDG de l'entreprise. Nous avons commencé à ressentir une réelle demande il y a quatre ou cinq ans, date à laquelle les premiers Boeings 747 atteignaient leur durée de vie maximale qui est d'environ 30 ans. Depuis quelques années, la demande n'a cessé de s'amplifier car ce type d'activité est encore rarement pratiquée dans les normes.»

L'aéroport met à disposition de l'industriel un espace goudronné de 15.000 mètres carrés capable d'accueillir deux avions entiers. Ce site est composé d'une dalle de béton, reposant sur une géomembrane étanche. Dès son ouverture, la nouvelle activité sera certifiée Iso 14001 comme les 25 unités françaises de Bartin group. Il faut environ un mois pour désosser un avion. Aussi, dans un premier temps, l'entreprise espère traiter 25 appareils dans l'année. Bartin group embauchera cinq salariés.

Pour le spécialiste de la récupération, l'aviation est un "marché de niche". Bartin group récupère en effet tous les ans un million de tonnes de ferrailles et métaux divers: «Avec cette activité, nous élargissons notre coeur de métier», assure Emmanuel Vigreux. L'entreprise est d'autant plus intéressée par cette activité que le prix de la ferraille flambe. A 200 euros la tonne d'acier recyclé, il devient économiquement rentable de se positionner sur le marché des déchets encombrants.


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