Des avions cloués au sol par le réchauffement

Le 13 juillet 2017 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'air moins dense par grande chaleur
L'air moins dense par grande chaleur
DR

Avec le réchauffement climatique, les avions auront plus de mal à décoller, révèle une étude américaine publiée jeudi 13 juillet dans la revue Climatic Change. En cause, une moindre densité de l’air lors des jours de grande chaleur.

Fin juin, l’aéroport de Phoenix (Arizona), a dû annuler une quarantaine de vols en raison de la canicule. Lorsque l’air se réchauffe, sa densité diminue, ce qui diminue également la portance des ailes de l’appareil. Seule solution, lâcher du lest, en abaissant le nombre de passagers, la quantité de marchandises ou celle de carburant.

C’est d’ailleurs le destin probable de nombreux vols des prochaines décennies, selon l’étude publiée par Ethan Coffel, du département des sciences de la Terre et de l’environnement à l’université de Columbia (New York), et ses collègues. Les chercheurs ont étudié 5modèles d’avion (Boeing et Airbus) et 19 aéroports internationaux, et ont supposé des températures extrêmes dépassant de 4°C à 8°C, en 2100, les records annuels historiques sur les pistes d’aéroport.

Selon eux, de 10% à 30% des vols, lors des journées de chaleur extrême, pourraient être obligés de diminuer leur charge afin de pouvoir décoller. En général de l’ordre de 4%, ce qui équivaut à 12 ou 13 passagers sur un avion comptant 160 sièges.

Paris-CDG plutôt épargné

Les aéroports situés dans des pays tempérés et disposant de longues pistes, tels que Charles-de-Gaulle (Paris), Heathrow (Londres) et John-F.-Kennedy (New York), seraient les moins affectés. L’aéroport de LaGuardia, également à New York mais disposant de pistes plus courtes, sera quant à lui obligé de réduire le poids de 50% des vols de Boeing 737-800 lors de grande chaleur, en moyenne de 3,5% de sa charge. Quant aux Boeing 737-300 au départ de Dubai, ils seront cloués au sol dans 55% des cas par grande chaleur, à moins d’abaisser leur charge de 6,5%.

Ces annulations et retards au décollage pourraient avoir un impact économique important. Pour les auteurs de l’étude, ce risque pourrait être atténué en revoyant le design des avions, en particulier des ailes, en allongeant les pistes de décollage -ce qui n’est pas toujours possible dans des zones déjà très denses-, ou tout simplement en ajustant les horaires de départ.

Ce n’est là qu’un des impacts qu’aura le réchauffement sur le trafic aérien. D’autres études ont révélé que celui-ci pourrait aussi être affecté par bien d’autres événements climatiques, tels que la fréquence accrue d’ouragans ou des précipitations plus intenses.

Le temps de vol pourrait aussi s’en ressentir, avec des effets non négligeables sur la consommation de carburant: publiée en 2015, une étude américaine a montré qu’un vol entre l’ouest des Etats-Unis et Hawaï prenait 11 minutes de moins en 2013 qu’en 1995. En cause, la modification des vents d’altitude par le réchauffement.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus