Des Australiens voient du pétrole en Lorraine

Le 16 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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C’est une petite compagnie pétrolière aux grandes ambitions. Titulaire d’un permis exclusif de recherche d’hydrocarbures en Lorraine, Elixir Petroleum vient de faire sensation.
 
Dans un communiqué boursier, mis en ligne ce vendredi 16 septembre, le modeste pétrolier australien (5,2 millions d'euros de capitalisation boursière) annonce que le sous-sol lorrain regorge d’hydrocarbures, conventionnels (gaz naturel ou huile) ou non.
 
Pour s’en convaincre, la compagnie d’exploration-production s’appuie sur un audit réalisé par Netherland, Sewell & Associates (NSAI). Dans son étude, ce consultant américain estime que la surface du permis, qui s’étend sur les départements de Moselle, Meurthe-et-Moselle, Meuse, et Vosges et couvre 5.360 kilomètres carrés, recèlerait jusqu'à 164,7 milliards de barils de pétrole de schiste (26 Mdt), 649.700 milliards de pieds-cubes de gaz de schiste (18.400 milliards de m3), 2,1 milliards de barils de pétrole (334 Mt) et 2.200 milliards de pieds-cubes de gaz (62,3 milliards de m3). Rien que ça.
 
A en croire les Australiens, la Moselle abriterait donc l’une des plus importantes réserves d’hydrocarbures du monde.
 
Faramineuse, l’annonce laisse pourtant de marbre nombre d’experts.
 
L’«audit», font-ils remarquer, ne s’appuie que sur des données anciennes et très parcellaires. Et en aucun cas sur les résultats de forage d’exploration. Comme les estimations des réserves de gaz non conventionnels en Europe, publiées par le ministère américain de l’énergie, ces chiffres s’apparent à une spéculation.
 
Pour autant, Elixir laisse entendre qu’il va poursuivre ses opérations et forer jusqu’à 19 puits d’exploration dans les mois qui viennent.
 
Reste à savoir quelle technique d’exploration des gisements supposés de gaz de schiste sera choisie. Dans une présentation faite le 6 septembre à des investisseurs, le patron du pétrolier s’est montré très imaginatif. Il envisage, tour à tour, d’utiliser un liquide d’hydrofracturation issue de l’industrie agro-alimentaire (mais synthétisé par Halliburton), un gaz naturel liquéfié, de l’eau enrichie en silice.
 
Plus sérieusement, les patrons d’Elixir, dont les cours n’ont jamais été aussi bas depuis 10 ans, semblent avoir du mal à lever des capitaux. Cela vaut probablement bien un petit mensonge géologique. Au grand soulagement des producteurs de mirabelles.


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