Des aliments pour bébé un peu chargés

Le 20 avril 2011 par Romain Loury
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Les aliments pour bébé contiennent beaucoup plus d’éléments essentiels (fer, manganèse) et toxiques (arsenic, plomb) que le lait maternel, jetant un doute sur leur sécurité sanitaire, selon une étude suédoise publiée dans la revue Food Chemistry.

Pour l’équipe de Marie Vahter, de l’Institut Karolinska de Stockholm, ce type d’alimentation doit « fournir aux enfants un niveau suffisant d’éléments essentiels, sans mettre en jeu leur santé par un apport excessif ». Et c’est là que le bât blesse : sur les 18 produits analysés (1), ces mesures dépassaient, parfois très largement, celles effectuées dans le lait maternel.

Parmi les neuf laits infantiles testés, le taux de fer était jusqu’à 35 fois plus élevé que dans le lait maternel, celui de molybdène jusqu’à 90 fois et celui de manganèse jusqu’à 150 fois. L’écart était encore plus marqué pour les petits pots, où l’apport quotidien en manganèse était, selon les produits, de 26 à 2.800 fois plus élevé. Les éléments jugés toxiques n’étaient pas épargnés, qu’il s’agisse du plomb, du cadmium, de l’uranium ou de l’arsenic.

Les petits pots à base de riz s’illustraient par un niveau particulièrement élevé en arsenic, compris entre 17 et 33 µg/kg contre 0,2 à 3 µg/kg dans les autres aliments pour bébé, remettant en cause « le bien-fondé du riz chez les jeunes enfants », selon les auteurs. Avec deux rations par jour, un bébé atteindrait une dose d’arsenic de 2 µg/kg de poids corporel, frôlant ainsi la dose hebdomadaire tolérable (DHT) de 15 µg/kg (2).

En tant qu’élément toxique, l’arsenic doit certes être maintenu à « un minimum absolu », considèrent les chercheurs. Mais les éléments essentiels peuvent aussi s’avérer délétères lorsqu’ils sont en excès, avec des problèmes de croissance et une altération du système immunitaire pour le fer, ou des troubles neuropsychologiques, dont l’hyperactivité, pour le manganèse.

nterrogés par le Daily Mail, plusieurs fabricants rappellent pour leur défense que leurs produits subissent un contrôle très strict, et que les taux mesurés se situent tous en-dessous des limites tolérées. Selon l’un des auteurs de l’étude, Karin Ljung, la validité de ces seuils reste cependant à démontrer chez de jeunes enfants en plein développement.

 

(1)    Ces produits provenaient de sept fabricants : Nestlé, Mead Johnson, Semper, Holle, Vitagermine, Hipp et Organix.
(2)    Fin 2009, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) avait jugé que cette DHT n’était « plus appropriée », en raison d’effets toxiques, notamment cancéreux, survenant en-dessous.
 



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