Des aliments irradiés, mais pas par Fukushima

Le 07 avril 2011 par Geneviève De Lacour
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Les experts de l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa) ont mis à jour les différentes évaluations scientifiques réalisées concernant la sécurité des aliments irradiés.
 
Dans un rapport publié le 6 avril par l’Efsa, l’Autorité signale que deux groupes scientifiques se sont penchés sur la problématique. Le groupe scientifique Biohaz[1] de l’Efsa a examiné l’efficacité et la sécurité microbiologique du procédé, tandis que le groupe CEF[2] s’est penché sur les risques possibles associés à la formation de plusieurs substances chimiques résultant de l’irradiation des aliments.
 
L’irradiation est un procédé qui peut être utilisé pour éliminer des bactéries à l’origine d’intoxications alimentaires, telles que les salmonelles ou les campylobacters. L’irradiation peut également ralentir la maturation des fruits et contribuer à empêcher la germination de légumes tels que les pommes de terre ou les oignons. Dans l’Union européenne, tous les aliments ou ingrédients d’aliments irradiés doivent porter la mention «irradié» ou «traités par ionisation».
 
Dans leur rapport, les experts du groupe Biohaz ont conclu que «l’irradiation des aliments n’engendre pas de risque microbiologique pour le consommateur. Bien qu’efficace, la pratique de l’irradiation doit cependant être considérée comme un procédé parmi d’autres pour réduire la présence d’agents pathogènes dans les aliments». Ils signalent que l’irradiation devrait faire partie d’un programme intégré de gestion de la sécurité des aliments visant à protéger les consommateurs et comprenant de bonnes pratiques de culture, de fabrication et d’hygiène.
 
Les experts ont également déclaré que «la plupart des substances qui se forment dans les aliments à la suite d’une irradiation apparaissent également au cours d’autres types de transformation des aliments, avec des niveaux comparables à ceux observés, par exemple, lors du traitement thermique des aliments».
 
Enfin, ils estiment qu’actuellement «seules des quantités très limitées d’aliments consommés en Europe sont irradiées». Les seuls nouveaux éléments probants pointant vers de possibles effets nocifs pour la santé concernent certaines études récentes signalant des problèmes neurologiques chez des chats nourris exclusivement avec de l’alimentation animale irradiée à des niveaux extrêmement élevés.
 
Cependant, «ni les causes ni le mécanisme pouvant expliquer le développement des problèmes neurologiques observés ne sont clarifiés dans ces études». Et les experts expliquent que des études plus approfondies seraient nécessaires pour évaluer la pertinence de ces études pour la santé humaine.
 
Les deux groupes scientifiques recommandent que «les décisions concernant les aliments qui peuvent être irradiés, ainsi que les doses utilisées, ne devraient pas être fondées uniquement sur des catégories prédéfinies d’aliments, comme c’est le cas actuellement, mais aussi sur des facteurs tels que: les bactéries concernées, le niveau requis de réduction bactérienne, l’état de l’aliment (réfrigéré, surgelé ou séché) ou le contenu en graisses ou en protéines de l’aliment». Ils déclarent en outre que «les décisions concernant le type d’aliments pouvant être soumis à une irradiation devraient aussi prendre en compte la diversité des produits alimentaires auxquels les consommateurs ont aujourd’hui accès, tels que les aliments prêts à consommer». 
 
 


[1]Le groupe Biohaz traite de questions relatives aux dangers biologiques associés à la sécurité des aliments et aux toxi-infections alimentaires.
 
[2]Le groupe CEF traite de questions concernant la sécurité de l’utilisation de matériaux en contact avec les aliments, des enzymes, des arômes et des auxiliaires technologiques, et également de questions relatives à la sécurités des procédés.
 


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