Des algues implantées dans la rade de Marseille

Le 18 avril 2014
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Cystoseira dans son bain
Cystoseira dans son bain
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Des projets d’implantation d’algues et de plantes aquatiques voient le jour sur la côte méditerranéenne, afin de repeupler un littoral marin très appauvri par les activités humaines. Dernier en date, le projet Cystore, annoncé jeudi à Marseille.

Au détriment des écosystèmes marins, l’artificialisation de la côte méditerranéenne française aurait déjà coûté plus de 5.100 hectares d’avancée sur la mer, soit près de 5,2% des fonds marins situés entre 0 et 10 m de profondeur, selon l’observatoire Medam. D’où l’appel à projets lancé en 2010 par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et le Pôle d’innovation Mer Méditerranée afin d’aider à la restauration écologique des eaux marines.

Parmi les projets retenus, le programme GIREL proposé par le Grand port maritime de Marseille (GPMM) s’est vu doter d’un budget de 5 millions d’euros pour 5 ans. «Il s’agit de servir de laboratoire pour mettre au point des techniques» de préservation des écosystèmes, explique au JDLE Jean-Michel Bocognano, responsable du développement durable au GPMM. Et avec la réforme portuaire de 2008, les ports se sont vus charger d’une mission de développement durable.

Le projet GIREL est constitué de 3 volets, dont deux (Biorestore et Ecorecifs) sont consacrés aux poissons et le troisième, Cystore, à l’implantation d’algues. Ce dernier, d’un budget de 300.000 euros et encadré scientifiquement par l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO), a été lancé jeudi dans la cité phocéenne [1].

Cystoseira amentacea, espèce «clé de voûte»

Son objectif: réinstaller l’algue Cystoseira amentacea var. stricta dans les environs du port. Pourquoi celle-ci? Parce qu’il s’agit d’une «espèce clé de voûte», explique Fabrice Javel, chef du projet chez Safege -société d’ingénierie en charge du projet, filiale de Suez environnement. Cette algue attire notamment «de petits crustacés qui vivent sous ses frondaisons, ainsi que d’autres algues et de petits poissons», ajoute l’ingénieur.

Bien présente dans la rade de Marseille, Cystoseira amentacea est absente des alentours immédiats du port. Et en raison de sa très faible distance de migration, il lui est impossible de recoloniser d’elle-même les sites qu’elle a désertés. Dans le cadre de Cystore, quatre sites ont fait l’objet d’une réimplantation depuis mars: deux au large de Marseille, un au sud et un au nord de la rade.

Chacun est doté de dix supports de transplantation, à savoir des plaques de béton d’environ 50X30 centimètres, pour un total de 300 transplants d’algues par site, explique Fabrice Javel. Le tout est protégé par des grillages afin d’empêcher les poissons herbivores de trop s’en approcher.

Après une année à surveiller la survie des transplants, ce n’est qu’en 2015 que les responsables du projet espèrent voir une éventuelle colonisation aux alentours des plaques. «A partir du moment où l’on aura prouvé la faisabilité du projet, on pourra se déployer sur d’autres sites de la côte méditerranéenne», prévoit Fabrice Javel.

Des herbiers de posidonie dans l’Hérault

Toujours dans le cadre de l’appel à projets de 2010, une expérience similaire, dénommée «Graines de Mer», a été annoncée fin 2012 à La Grande-Motte (Hérault). Il s’agissait cette fois de replanter des herbiers de posidonie (qui ne sont pas des algues, mais des plantes aquatiques) sur le plancher marin, et non sur des installations artificielles comme à Marseille.

Contacté par le JDLE, Sven-Michel Lourié, directeur de la société SM2 Solutions Marines en charge de ce projet, indique que la première pose a eu lieu en novembre 2013 à La Grande-Motte. Après une première visite en décembre, au cours de laquelle les poissons semblaient déjà s’être approprié les herbiers, l’équipe devrait y retourner en mai afin d’observer s’il y a eu croissance. D’ici là, deux autres sites héraultais, Frontignan et Palavas, vont également faire l’objet d’implants.

[1] Créé en 2012, le MIO est une unité mixte de recherche placée sous la tutelle du CNRS, de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), de l’Université d’Aix-Marseille et l’Université de Toulon.



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