Des agriculteurs récompensés à Pollutec

Le 28 novembre 2007 par Claire Avignon
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pesticides
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Des agriculteurs certifiés Iso 14.001? Cela existe. Leur initiative est d’ailleurs un tel succès qu’ils ont remporté le premier prix du management environnemental pour le développement durable, remis à Pollutec, mardi 27 novembre.

L'histoire débute en 2002. «L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) de Picardie m'a conviée avec une quarantaine d'agriculteurs pour nous sensibiliser aux problématiques environnementales et nous parler de la démarche Iso 14.001, raconte Marie Delefortrie, agricultrice et désormais secrétaire de l'association Terr'Avenir, créée en 2005. On s'est d'abord dit qu'il s'agissait d'une démarche démesurée par rapport à nos moyens.» Pourtant la réunion paie: 18 agriculteurs se décident à être formés. Leur exploitation fait d'abord l'objet d'une analyse environnementale dès la fin 2002, puis d'un plan de management environnemental. «Pour ma part, j'étais déjà engagée dans une démarche d'agriculture raisonnée. Mais celle-ci n'a pas l'envergure internationale que possède Iso 14.001. Et l'idée d'avoir un auditeur avec un regard extérieur, non agriculteur, me plaisait».

Trois ans plus tard, les 18 cultivateurs ont eu leur première certification commune. «C'a été et cela reste très exigeant, témoigne Marie Delefortrie. Il faut toujours être en recherche, toujours chercher à diminuer nos consommations d'eau, d'engrais, de phytosanitaires, etc. Cela demande aussi beaucoup travail administratif, et d'être carré». Des qualités que les agriculteurs n'ont pas toujours, reconnaît la représentante de Terr'Avenir.

Les mesures prises par les agriculteurs dépendent de l'analyse environnementale effectuée au tout début et des points noirs repérés, qu'il s'agisse d'une gestion des déchets pas assez efficace, d'un risque de pollution diffuse causée par le remplissage d'une cuve de fioul, ou encore d'une perte de biodiversité due à l'absence de haies. Plus novateur: plusieurs agriculteurs étudient la possibilité d'installer des panneaux photovoltaïques.

Malgré les difficultés que représentent une certification Iso, l'expérimentation intéresse de plus en plus les agriculteurs français. En 2008, au moins 40 evraient être certifiés. En tout, 250, venant de Picardie, mais aussi de Champagne-Ardenne et de Normandie, rentrent progressivement dans la démarche. Même des exploitations d'agriculture biologique. Chacun apporte son expérience. «Le foisonnement d'idées constitue notre richesse», indique Marie Delefortrie.

Une richesse qui ne s'applique pas à l'aspect strictement financier de l'aventure. «Chaque exploitant paie environ 1.200 euros par an pour être audité et financer l'entreprise qui nous aide, Péri-G, une filiale des centres d'économie rurale. Nous devons également investir, notamment dans les systèmes d'irrigation. Mais les acheteurs de nos produits s'en moquent complètement. On ne vend pas nos pommes de terres un centime d'euro en plus.» Quel intérêt alors? «En matière d'environnement, les agriculteurs ont une image de marque à rétablir», estime la secrétaire de Terr'Avenir.




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