Des acides aminés contre l’autisme

Le 19 septembre 2012 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Et avec des compléments alimentaires?
Et avec des compléments alimentaires?

Certaines formes génétiques d’autisme pourraient être traitées par une supplémentation alimentaire à base d’acides aminés, selon une étude publiée dans la revue américaine Science.

Selon Gaia Novarino, de l’Howard Hughes Medical Institute de San Diego (Californie), et ses collègues, 25% des cas d’autisme s’accompagneraient d’épilepsie. Si ce type de maladie présente de fortes composantes héréditaires, les gènes qui en sont à l’origine sont loin d’avoir été déterminés.

C’est en séquençant le génome de deux familles affectées par ce type d’autisme -l’une égyptienne, l’autre turque- que l’équipe californienne vient de découvrir l’un de ces gènes, porteur d’une mutation le rendant inactif. Appelé BCKDK (Branched Chain Ketoacid Dehydrogenase Kinase), son rôle est d’inactiver le complexe BCKDH, impliqué dans la dégradation des acides aminés «ramifiés» (ou «branchés», dits BCAA) [1].

Résultat, les autistes porteurs d’un gène BCKDK muté présentent un taux sanguin de BCAA anormalement bas. Or ceux-ci, qui comptent la leucine, l’isoleucine et la valine, ne peuvent être synthétisés par l’organisme, qui ne s’en procure que par l’alimentation. Outre le fait qu’ils sont des constituants majeurs de toute protéine, les BCAA sont des précurseurs de neurotransmetteurs. Ce qui pourrait expliquer le tableau clinique de ces patients, qui en plus souffrent de retard intellectuel.

D’où l’espoir de pouvoir corriger ces troubles par une simple supplémentation en BCAA. Ce que les chercheurs sont parvenus à faire chez des souris mutées pour le gène BCKDK, présentant des symptômes similaires à ceux de l’humain: après une semaine d’un régime enrichi en BCAA, ces animaux ont retrouvé un comportement en tout point similaire à celui de souris non mutées. Chez l’humain, les chercheurs viennent déjà de montrer qu’il est possible de restaurer chez des patients un taux sanguin normal de BCAA grâce à des compléments alimentaires commerciaux.

Prochaine étape: étudier l’évolution des symptômes autistiques. Si les chercheurs semblent optimistes, les cas d’autisme liés à cette mutation particulière sont probablement «extrêmement rares», reconnaissent-ils dans un communiqué de l’université de San Diego.

[1] Selon l’équipe, ce système d’inactivation est le fruit d’une adaptation évolutive, afin que l’homme puisse économiser ses acides aminés branchés en période de disette. C’est ce bouton «off» qui n’existe plus chez ces patients autistes.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus