Derniere phase du programme sur la sûreté nucléaire

Le 23 novembre 2004 par Christine Sévillano
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Le dernier essai du programme Phébus a eu lieu le 18 novembre. Comme les quatre autres tests mis en oeuvre depuis les années 90, il doit permettre de mieux comprendre les problèmes qui surviennent en cas d'accident nucléaire afin d'améliorer la prévention.

La semaine dernière a eu lieu le cinquième et dernier essai du programme international de recherches en sûreté nucléaire sur les accidents majeurs. Phébus PF se concentre surtout sur les situations où la puissance du réacteur nucléaire n'est plus évacuée par les systèmes de refroidissement. Piloté par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), cet essai, mené à Cadarache au sein du réacteur de recherche Phébus, a permis de reproduire un accident de fusion du coeur d'un réacteur nucléaire à eau sous pression à échelle réduite. Plus précisément, les scientifiques cherchent à mieux connaître les mécanismes de dégradation de ce coeur équipé de barres de commande en carbones de bore. Ces dispositifs sont présents dans plusieurs types de réacteurs comme ceux à eau sous pression de 1.300 mégawatts électrique (MWe) et 1.450 MWe, les réacteurs à eau bouillante (REB), les VVER (de conception soviétique) ainsi que l'ERP (European pressurised reactor).

L'essai a nécessité quatre ans de préparation et plusieurs années seront nécessaires pour analyser les résultats. Les scientifiques évalueront notamment l'impact, en particulier sur l'iode radioactif du réacteur, des dégagements de méthane, de monoxyde de carbone et de gaz carbonique constatés au cours de la phase d'oxydation des gainages du combustible.  Ainsi le méthane allié à l'iode pourrait être très volatil et donc impossible à piéger dans des filtres en cas de diffusion dans l'environnement.

Phébus PF permet d'adapter les procédures de protection des populations et de l'environnement. Les quatre tests précédents ont permis de qualifier et d'améliorer des logiciels de calcul utilisés pour les études de sûreté et de réévaluer les rejets accidentels inscrits dans les Plans particuliers d'intervention (PPI). Créé en 1988 grâce à un partenariat entre l'IRSN et le Centre commun de recherche (CCR) de la Commission européenne, le programme Phébus a élargi le nombre de ses participants au cours des années, au-delà des frontières de l'Europe. Des organismes et autorités de sûreté nucléaire des États-Unis, du Canada, de la Corée du sud, de la Suisse, de la Bulgarie ou de la Roumanie y participent depuis les années 90. D'un coût de 300 millions d'euros pour la période 1988-2008, le programme est financé pour la moitié par l'IRSN, à 20% par l'Union européenne (UE), à 20% par EDF et à 10% par les autres partenaires.

Le prochain programme de recherches, intitulé Terme source, devrait améliorer la connaissance de phénomènes découverts et mal maitrisés au cours des tests menés pour Phébus. Ils seront alors étudiés sur cinq ans dans des installations spécifiques.




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