Dépenses du Sedif: des économies pourraient être faites

Le 25 septembre 2008 par Agnès Ginestet
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eau_robinet
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L’association UFC Que choisir estime que le Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif) aurait la possibilité d’économiser de 80 à 90 millions d’euros. La fin du contrat avec le délégataire Veolia approchant, elle appelle à une mutualisation des moyens de production de l’eau potable à l’échelle du Grand Paris afin de limiter l’augmentation de la facture des consommateurs.

La palme de la surfacturation des services d’eau potable lui avait été décernée par l’UFC Que choisir dans son étude de 2007 (1). Aujourd’hui, le Sedif est également concerné par une étude détaillée de ses comptes, rendue publique le 23 septembre par l’association de défense des consommateurs, qui montre la possibilité de réaliser des économies sur les dépenses actuelles. Le contrat en cours avec le délégataire Veolia devant être renouvelé au 1er janvier 2011, la question du futur mode de gestion se pose aux 144 maires des communes franciliennes dont l’eau est gérée par le Sedif. Il s’agira de maintenir un système de délégation avec choix de l’opérateur dans le cadre d’un appel d’offres, ou bien de basculer en régie publique. «Le contrat avec Veolia date de 1962, une époque où l’eau intéressait peu. Peu importe le passé, mais il ne faut pas reproduire d’erreurs lors du renouvellement de contrat», a indiqué François Carlier, directeur adjoint des études et de la communication de l’UFC Que choisir.

Sans ces «erreurs», l’association estime que 80 à 90 millions d’euros pourraient être économisés sur les 300 millions que représente le contrat entre le Sedif et Veolia, soit environ 50 € de moins sur la facture des usagers. Des conclusions que le Sedif qualifie de «farfelues et malhonnêtes», estimant notamment que l’association n’a pas tenu compte de plus de 9.000 interventions d’entretien annuel, et de l’existence de l’essentiel des métiers nécessaires au bon fonctionnement du réseau.

L’un des postes visés par l’UFC Que choisir est l’exploitation du réseau de distribution. Les dépenses devraient selon elle se concentrer sur la réparation des fuites alors que le Sedif inclue dans ce poste d’autres tâches comme la supervision de la maintenance. «Il déclare 80 millions € de dépenses, or nous les estimons à environ 20 millions», précise François Carlier.

Si l’association est d’accord avec le Sedif sur le montant des dépenses concernant la gestion des abonnés, des économies seraient également possibles sur la production de l’eau (4 millions €), l’administration (5 millions) et les travaux (10 millions). Le poste appelé «fonctions transverses» pose également question. Il représente 55,1 millions €, dont 38,5 millions pour la rémunération de Veolia. «Pour nous, cette rémunération devrait être de 20 millions, soit 7% de profit et non 12%», note François Carlier. Les 16,6 millions restants sont consacrés à des «activités transverses», qui suscitent une «incompréhension massive» de l’UFC Que choisir quant à leur contenu. L’association qualifie ce segment de «sorte de marge arrière pour Veolia».

Afin de limiter l’augmentation du coût des services de l’eau facturé aux franciliens, l’UFC Que choisir préconise notamment une mutualisation de la production de l’eau entre le Sedif, Eau de Paris, le syndicat de Gennevilliers et le syndicat de Versailles Saint Cloud. «La consommation d’eau a diminué, mais le prix du mètre cube augmente, ce qui ne récompense pas les efforts vertueux des consommateurs», regrette Eric Guerquin, président régional Ile-de-France de l’UFC Que choisir. La proposition de l’association permettrait d’adapter le dimensionnement des moyens de production à la consommation effective. Selon Daniel Bideau, administrateur national de l’UFC Que choisir, certaines des usines sont obsolètes et pourraient peut-être être fermées plutôt que de dépenser de l’argent pour les faire fonctionner.

(1) Voir l’article du JDLE «Prix de l’eau: des surfacturations notables»


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