Démonstrateur Bio-T-Fuel: 33 millions d’euros pour les agrocarburants

Le 12 octobre 2009 par Sonia Pignet
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Suite à l’appel à manifestation d’intérêt lancé en juillet dernier par l’Ademe en vue d’expérimenter des démonstrateurs de recherche dans le domaine des biocarburants de deuxième génération, deux projets ont été retenus. Seul le premier est finalisé: le projet Bio-T-fuel recevra une aide de 33 millions d’euros, pour un coût global de 112 millions €. Il devrait permettre d’expérimenter la production de bio-diesel liquide à partir de biomasse ligno-cellulosique (paille, bois, déchets, etc.) et d’évaluer l’opportunité du déploiement d’une telle filière. Dans un communiqué, l’Ademe indique qu’«une analyse de cycle de vie [ACV] «du champ au réservoir» sera conduite dans le cadre de ce projet, afin d’analyser dans quelles conditions les biocarburants de cette filière peuvent contribuer à répondre aux défis environnementaux.

L’ACV des agrocarburants fait d’ailleurs l’objet d’un second communiqué de l’Ademe, puisque l’Agence annonce la mise en ligne d’une synthèse de l’étude sur ce sujet, mais pour les biocarburants de première génération. Elle conclut que «l’ensemble des filières biocarburants présente des bilans moins émissifs que les carburants fossiles. La grande majorité d’entre eux se situent entre 20 et 40g CO2eq/ MJ (mégajoule) contre 96g et 100g respectivement pour le diesel et l’essence, soit des gains entre 60 et 80%». Cependant, l’impact sur la santé humaine présente un moins bon bilan. Les filières éthanol «ne bénéficient pas d’un effet compensant les apports de produits phytosanitaires, premier poste majeur différenciant les éthanols des filières fossiles sur cet indicateur, plaçant ainsi les bilans des éthanols consommés en France à des niveaux plus élevés de potentiel d’impact sur la santé humaine que la filière essence française», indique la synthèse. L’impact sur les sols est aussi en défaveur des agrocarburants. La principale conclusion de l’Ademe est néanmoins qu’il faut poursuivre les études, cette ACV présentant encore trop d’incertitudes.

Pour FNE, Bio-T-fuel est prématuré. «Le Gouvernement ne peut […] justifier le projet de production d’agrocarburants de deuxième génération en parlant d’expérimentation dès l’instant où nous ne disposons pas du recul nécessaire sur les agrocarburants de première génération», estime la fédération d’associations dans un communiqué. «Qu’il s’agisse d’expérimentation ou de production, le résultat est le même: la France se lance dans les agrocarburants sans le recul nécessaire». Elle demande donc le gel de tout développement industriel des agrocarburants, qu’ils soient de première ou de deuxième génération, tant que leur intérêt environnemental et énergétique n’aura pas été démontré. Une demande qui n’a pas trouvé écho au sein des pouvoirs publics, le ministère en charge de l’environnement ayant précisé vendredi 9 octobre dans un communiqué qu’«aucun changement politique [n’était] envisagé. Les résultats apportés par les démonstrateurs de recherche et les travaux d’évaluation permettront de faire progresser le débat sur les biocarburants et servir de base à d’éventuelles décisions ultérieures».

FNE déplore également que sur la trentaine de millions d’euros attribués aux industriels, 7 iront à Total, croit-elle savoir. «Il n’est pas acceptable qu’une société aussi peu respectueuse de l’environnement et qui a réalisé 13,9 milliards € de bénéfices en 2008 reçoive des financements publics aussi importants pour réaliser un projet industriel aussi irrationnel», estime-t-elle.

L’étude complète de l’Ademe sur l’ACV des agrocarburants de première génération doit être publiée aujourd’hui.


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