Démographie : le taux de fécondité mondial doit encore baisser

Le 07 février 2011 par Sabine Casalonga
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L'ONU prévoit 3.500 milliards d'habitants en 2300 selon le "no change scénario".
L'ONU prévoit 3.500 milliards d'habitants en 2300 selon le "no change scénario".

Le taux de fécondité devra fortement baisser dans les pays en développement afin d’éviter une hausse démographique mondiale non soutenable. Telle est la conclusion d’un rapport publié le 3 février par un département des Nations unies. Dans le meilleur des scénarios, il prévoit un pic de 9,4 milliards d’habitants en 2070 avant une décroissance.

 

Sept milliards. C’est le nombre d’habitants que devrait accueillir notre planète d’ici fin 2011. Bien que la croissance démographique ait ralenti depuis la fin des années 1960, la population mondiale a doublé entre 1950 et la fin des années 1980, et l’ajout d’habitants supplémentaires s’est fait plus rapidement que jamais dans l’Histoire, indiquent les auteurs du rapport. L’augmentation annuelle était de 47 millions de personnes en 1950-55, de 75 millions en 1975-79 puis a atteint un pic de 89 millions en 1990-1995. Depuis, bien qu’en déclin, elle reste à un niveau élevé, proche de 79 millions de Terriens supplémentaires par an.

Intitulé « World Demographic Trends », le rapport publié par le département Population de l’ONU analyse 6 scénarios de projection démographique qui explorent les effets de la croissance et du vieillissement de population d’ici 2300, sur la base de différentes hypothèses en matière de fécondité, mortalité et migration.

Dans le scénario high, en dépit d’un taux de fécondité restant la plupart du temps entre 2,2 et 2,3 enfants par femme, la population mondiale atteindrait près de 30 milliards d’individus en 2300. A contrario, selon le scénario low, la population mondiale atteindrait un pic de 8 milliards en 2040 avant de décroître à 1,6 milliard en 2300.

Selon le no-change scenario, avec des taux de fécondité et de mortalité inchangés par rapport à la période actuelle (2005-2010), la population atteindrait le chiffre hallucinant de… 3.500 milliards de personnes en 2300, dont 3.150 milliards en Afrique, soit « une croissance démographique excessive ».

La seule solution pour avoir « une chance raisonnable » de stabiliser la population mondiale, selon le rapport onusien, est de suivre le scénario medium : le taux de fécondité va poursuivre une évolution similaire à celle observée depuis les années 1970, à la fois dans les pays en développement et développés. Il s’appuie sur l’hypothèse d’un maintien du taux de fécondité sous le taux de renouvellement des générations[1], pendant une période consécutive de 100 ans, dans tous les pays, afin de contrebalancer les hausses attendues en longévité, pour ensuite le ramener éventuellement au taux de renouvellement. Selon ce scénario, un pic serait atteint en 2070 avec 9,4 milliards d’habitants, nombre qui serait réduit à 7,9 milliards en 2195 avant de remonter à 8,3 milliards en 2300.

« Il n’y a toutefois pas de garantie que ce scénario se réalise, soulignent les auteurs, par exemple si les pays ayant un taux de fécondité élevé ne réduisent pas suffisamment vite leur taux de fécondité ou encore si le taux des pays avec un taux de fécondité ‘intermédiaire’ stagnent au-dessus du taux de renouvellement. »

Les succès obtenus par les politiques de planning familial depuis les années 1970, auraient conduit les hommes politiques à déconsidérer le sujet de la démographie comme priorité en termes de développement et de développement durable, estiment les experts. D’où une acceptation générale du scénario medium, prenant comme acquis une réduction continue de la fécondité dans les pays en développement.

Le rapport souligne la nécessité de réduire le taux de fécondité rapidement, notamment dans les pays d’Asie et d’Afrique en forte croissance. « Même avec des réductions de fécondité significatives, la population d’Afrique devrait augmenter de 150 % d’ici 2100 et nombre de ses pays devraient voir leur population quadrupler ou plus. »

Télécharger le rapport

 



[1] 2,1 dans les pays avec un faible taux de mortalité et 2,5 dans les pays à forte mortalité



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