Delta du Niger : les accusations pleuvent sur Shell

Le 27 janvier 2011 par Célia Fontaine
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Amnesty International et les Amis de la terre ont porté plainte le 25 janvier contre le pétrolier Shell, accusé de pollution aux hydrocarbures dans le delta du Niger. « En publiant des informations discréditées et trompeuses visant à attribuer la responsabilité de la majeure partie de la pollution à ceux qui sabotent ses opérations dans le delta du Niger, Shell bafoue les principes directeurs de l'OCDE[1] à l'intention des entreprises multinationales », affirment les deux organisations dans un communiqué.

Depuis 50 ans, 9 à 13 millions de barils de pétrole souillent les sols, les eaux et la mangrove de la région pétrolifère du delta du Niger. Le Nigeria, 8e exportateur de pétrole au monde, a enregistré au moins 3.000 fuites de pétrole de 2006 à juin 2010, selon son ministre du pétrole John Odey.

« L'eau dont la population a besoin pour boire et pêcher est polluée, tandis que les terres agricoles et les récoltes sont anéanties », souligne le communiqué. Si Shell a pu reconnaitre, au milieu des années 1990, qu'une grande partie de la pollution pétrolière dans le delta du Niger était due à ses propres défaillances (corrosion des installations), ce n’est plus le cas aujourd’hui, ont constaté les associations.

Selon le géant pétrolier, la majeure partie (70 %) des déversements pétroliers sont dus à des actes de sabotage (dans le JDLE). Faux, selon les habitants locaux, qui ne sont pas indemnisés par le groupe pour les dommages causés par les pollutions lorsqu’il s’agit d’actes criminels.

« La pollution par les hydrocarbures à grande échelle est un grave problème causé par l'industrie pétrolière dans le delta du Niger, mais le système d'enquêtes relatif aux déversements est tout sauf indépendant », souligne Audrey Gaughran d'Amnesty International. En dépit de demandes répétées, Shell n'a jusqu'ici pas précisé sur quoi se fondent les chiffres publiés ni comment l'entreprise a recueilli les données, poursuit-elle.

Or, selon des études menées par les Amis de la terre, les déversements pétroliers dans le delta proviennent majoritairement des compagnies, et non du sabotage. « En 2009, Shell a été contraint de rectifier des informations mensongères sur la cause des déversements de pétrole. Après avoir affirmé à maintes reprises que 85 % de ces déversements en 2008 étaient dus au sabotage, il a annoncé que la réalité était plus proche des 50 % », rappellent les associations.

La plainte a été déposée auprès des points de contact nationaux de l'OCDE au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

En réaction, Shell souligne avoir informé de tous les cas de fuites de pétrole depuis 1996. « Chaque fuite fait l'objet d'une enquête indépendante par une équipe d'inspection comprenant SPDC (Shell), le DPR (Departement des ressources pétrolières) et des membres des communautés qui se mettent d'accord sur les causes et le volume de la fuite », précise le pétrolier dans un communiqué. Selon Peter de Wit, le PDG de Shell aux Pays-Bas, Shell fait du bon travail dans des conditions souvent difficiles et offre « des milliers d'emplois bien rémunérés, a apporté du savoir-faire, de l'éducation et des technologies ».

Des emplois, mais aussi « une population qui souffre de maladies pulmonaires et de leucémies liées à la pollution », rappelle Sunny Ofehe, de l'organisation Espoir pour le delta du Niger.



[1] l'Organisation de coopération et de développement économiques



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