Delphine Batho, démissionnée du gouvernement

Le 02 juillet 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg et Stéphanie Senet
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Delphine Batho, ancienne ministre de l'écologie.
Delphine Batho, ancienne ministre de l'écologie.

Payant ses vives critiques sur le projet de budget 2014, la ministre de l’écologie a été remplacée, cet après-midi, par le député socialiste Philippe Martin.


«Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne.» L’adage lancé, en son temps, par Jean-Pierre Chevènement (qui démissionnera) a presque fonctionné. Pour avoir critiqué la proposition de budget 2014 de son ministère — déjà sévèrement ponctionné l’an passé —, la ministre de l’écologie n’a pas quitté ses fonctions, mais a été virée, ce mardi 2 juillet, par le président la république.

François Hollande fait décidément une grande consommation de titulaires du portefeuille de l’écologie: 5 semaines après sa nomination, il avait recasé Nicole Bricq au commerce extérieur. L’ex locatrice de l’hôtel de Roquelaure avait, il est vrai, voulu suspendre les permis d’exploration pétrolière, au large de la Guyane française. Elle sera débarquée quelques jours à peine après le sommet de la terre Rio+20, où elle avait accompagné le chef de l’état.

Particulièrement sévère, la sanction présidentielle peut paraître injuste. Ex-dauphine de Ségolène Royal, Delphine Batho avait lancé, plutôt avec succès, le débat national sur la transition énergétique : une promesse de François Hollande. Elle travaillait aussi sur une (petite) refonte de la politique de l’eau. Elle ferraillait dur pour obtenir un verdissement de la fiscalité. Elle préparait aussi la prochaine mouture de la conférence environnementale [JDLE]http://http://www.journaldelenvironnement.net/article/le-menu-de-la-prochaine-conference-environnementale,34753, la création de l’agence de la biodiversité et le financement de la transition écologique.

L’objet du courroux de François Hollande: un entretien accordé, ce matin, au cours duquel l’ancienne députée PS de Charente a vivement critiqué le rapport Eckert [JDLE]. Sur les ondes de RTL, l’ex-ministre a estimé qu’un projet de budget prévoyant une baisse de 7% des crédits du ministère de l’écologie et une réduction de plus de 1.000 de ses agents était «un mauvais budget.»

Visiblement remontée, Delphine Batho s’est interrogée sur la fibre écolo de Jean-Marc Ayrault et de François Hollande. «Est-ce que l’écologie est bien une priorité ? Est-ce qu’on a la capacité de passer du discours aux actes?»

Interrogée sur la taxe sur le diesel, elle a ajouté: «La question, c’est à quoi va être affectée la convergence entre la fiscalité sur le diesel et sur l’essence. Je suis favorable à ce qu’elle aide les gens à abandonner leurs vieux véhicules diesel et à acheter des voitures propres, notamment électriques» [JDLE].

Quelques heures avant le lancement du débat sur le projet de loi de finance 2014, à l’Assemblée, Delphine Batho avait rappelé qu’elle souhaitait que la volonté de faire de la France la nation de l’excellence environnementale et de la transition énergétique «ne soient pas des variables d’ajustement». C’était avant d’apprendre, indique Le Monde, qu’aucun investissement d’avenir ne figurait dans le budget de son ministère.

Il n’y aura pas d’intérim au ministère de l’écologie. Sur proposition du premier ministre, le président de la république a immédiatement nommé Philippe Martin.

Âgé de 59 ans, Philippe Martin est député PS du Gers (après en avoir été le préfet) et membre de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire de l'assemblée nationale. Il s’est illustré à de nombreuses reprises dans la lutte contre les OGM, notamment en démissionnant du Grenelle de l’environnement, en 2007.

Réputé proche de Laurent Fabius, Philippe Martin est aussi président du conseil général du Gers et maire-adjoint de Valence-sur-Baïse. Co-rapporteur, en 2011, d’un rapport sur les gaz de schiste, il avait recommandé de renoncer à leur extraction [JDLE]. Il a récemment rendu un rapport, commandé par le ministre de l’agriculture, sur la gestion quantitative de l’eau [JDLE].

Il est membre du courant de la Gauche Durable, qui tente depuis le début du quinquennat d’instiller un peu de «vert» dans les politiques gouvernementales. Projet ambitieux, à l’évidence.





 



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