Déforestation: le commerce international toujours plus gourmand

Le 23 octobre 2014 par Romain Loury
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La déforestation, méfait international
La déforestation, méfait international

Mondialisation oblige, le commerce international expliquerait à lui seul plus d’un tiers de la déforestation tropicale, proportion qui ne cesse d’augmenter. Premiers destinataires des produits agricoles, l’Union européenne et la Chine, selon le Center for Global Development, un «think-tank» américain.

«Longtemps le fait de petits propriétaires pour les marchés locaux, une part croissante de la déforestation actuelle est liée à la production agricole à grande échelle, pour le marché international», résume Martin Persson, de l’Ecole polytechnique Chalmers à Göteborg (Suède).

Avec ses collègues, le chercheur a analysé la déforestation liée à quatre produits (bois, bœuf, soja et huile de palme) dans huit pays (Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay, République démocratique du Congo, Indonésie, Malaisie, Papouasie-Nouvelle Guinée), pour la période 2000-2009.

Premier constat: ces quatre produits dans ces huit pays expliquent à eux seuls un tiers de la déforestation mondiale, avec une perte de 3,9 millions d’hectares au cours de la décennie 2000. Et le bœuf, en particulier celui élevé au Brésil, est responsable des deux tiers de ce désastre. La deuxième place revient au soja pour la surface, au bois pour les émissions de carbone.

Or la part de ces produits destinés aux marchés domestiques n’a cessé de baisser au cours des années 2000, au bénéfice du marché international, en premier lieu l’UE et la Chine. En 2009, 32% de la déforestation liée à ces produits était «tirée» par le commerce mondial, voire 57% si on exclut le bœuf brésilien.

Parmi ces huit pays, deux se distinguent par une déforestation à visée majoritairement domestique: le Brésil et la Bolivie, qui consomment la majeure partie de leur bœuf. La Bolivie et la Malaisie sont d’ailleurs les deux seuls pays dont la part de déforestation pour le commerce international est en baisse.

Encadré: Créée en 2011, l’association Envol vert a lancé un outil, l’«Empreinte forêt», permettant à chacun de mesurer la surface impactée par notre consommation, et le risque qu’elle soit issue de la déforestation. Plusieurs produits quotidiens sont ciblés, tels que le bœuf, le soja, le café, le thé, le sucre, les produits ligneux et l’huile de palme.



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