Déforestation: au Brésil, les succès du «name and shame»

Le 25 septembre 2015 par Romain Loury
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L'Amazonie, peut (encore) mieux faire
L'Amazonie, peut (encore) mieux faire

Comment freiner la déforestation? En rendant publics les noms des localités qui en abusent, révèle une étude allemande publiée dans la revue PLoS ONE. C’est en partie grâce à une telle liste noire que le Brésil, premier pays à l’avoir instaurée, doit d’avoir freiné le massacre amazonien.

Le Brésil est l’un des rares pays au monde à savoir lutter efficacement contre la déforestation, sujet qu’il a enfin pris à bras le corps en 2004. Cette année-là, le pays avait enregistré un pic, avec 27.000 km2 de forêt rayés des cartes, avant de passer en-dessous de 10.000 km2 en 2009 pour atteindre 4.848 km2 en 2014.

Comment expliquer ce succès? Certes, la crise de 2008 a freiné les demandes de produits agricoles et de bois. Et l’usage d satellites a permis aux autorités de mieux surveiller la déforestation illégale, et donc de coincer plus rapidement les auteurs de tels actes.

Mais une autre mesure, spécifique au Brésil, semble avoir joué: en 2008, le pays a instauré une «liste noire» des districts déforestant le plus, dont la sortie et l’entrée dépendent de critères de superficie. Et pour ceux qui en font partie, les autorisations d’abattage deviennent bien plus compliquées à obtenir.

L’équivalent d’une année de déforestation

Depuis la mise en place de la liste, 50 districts, sur les 771 que compte l’Amazonie brésilienne, en ont fait partie. Selon les calculs effectués par l’équipe de Jan Börner, de l’université de Bonn (Allemagne), cette stratégie du «name and shame» («nommer et faire honte») aurait permis de diminuer la déforestation de 26%.

Entre 2008 et 2012, ce sont 4.022 km2 de forêts qui ont été épargnés de cette manière, soit l’équivalent d’une année actuelle de déforestation.

Pour Jan Börner, «les medias et les associations ont ainsi pu accroître la pression sur les acteurs locaux responsables de la déforestation». Autre raison invoquée par les chercheurs, la crainte de rétorsions économiques. Publiée en 2008, une autre mesure brésilienne prévoit en effet un gel des subventions pour les fermes ne se conformant pas au Code forestier national.

Reste à savoir s’il est possible d’étendre la mesure à d’autres pays, notamment à l’Indonésie, champion mondial de la déforestation. Pas évident: si la mesure s’est avérée aussi efficace au Brésil, c’est parce que ce pays a la particularité d’être très centralisé en matière de politique environnementale.



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