Deepwater Horizon: le dispersant qui fait tousser

Le 07 avril 2015 par Romain Loury
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L'explosion du Deepwater Horizon, le 20 avril 2010
L'explosion du Deepwater Horizon, le 20 avril 2010

Dans le golfe du Mexique, le dispersant utilisé pour lutter contre la marée noire du Deepwater Horizon, le Corexit 9500A, est toxique pour les voies respiratoires, des hommes comme des poissons, démontre une étude américaine publiée dans la revue PLoS ONE. Ce qui explique les nombreux problèmes de santé rencontrés par les travailleurs impliqués dans la dépollution.

Pour tenter d’effacer les 780 millions de litres de pétrole répandus en mer lors de l’explosion de sa plateforme Deepwater Horizon, en avril 2010, British Petroleum a déversé près de 7 millions de litres de son Corexit 9500A. Malgré les éléments rassurants livrés par l’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA), le composé n’était peut-être si inoffensif que cela.

Dans son étude, l’équipe de Veena Antony, de l’université d’Alabama à Birmingham, montre que ce produit endommage l’épithélium respiratoire, couche cellulaire responsable des échanges gazeux aussi bien dans nos poumons que dans les branchies des animaux marins.

Selon leurs expériences menées sur ces cellules pulmonaires in vitro, ainsi que sur des poissons-zèbres et des crabes, le Corexit 9500A aurait un effet inflammatoire, allant jusqu’à la mort des cellules épithéliales, et fragilisant ainsi cette barrière naturelle.

Problèmes respiratoires en tout genre

«Il y a eu environ 48.000 travailleurs impliqués dans les opérations de nettoyage, et il est possible que nombre d’entre eux ont été exposés au Corexit 9500A par inhalation. Il a d’ailleurs été observé chez eux des problèmes de toux, de respiration courte et d’expectorations», rappelle Veena Antony dans un communiqué de l’université d’Alabama.

Face à ces agressions externes, l’épithélium n’est pas entièrement dépourvu de moyens de défense. Les chercheurs montrent ainsi que le Corexit 9500A entraînait la production de l’enzyme Heme Oxygenase-1 (HO-1), qui élimine les radicaux libres à l’origine du stress inflammatoire.

«La probabilité d’une nouvelle mare noire est élevée, et il y aura encore besoin d’utiliser des agents dispersants. Nous pensons qu’augmenter la production de l’enzyme HO-1 pourrait constituer une nouvelle approche thérapeutique pour traiter de telles atteintes», ajoute Veena Antony. «Une nouvelle approche thérapeutique» qui laissera les poissons de marbre.



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