Deepwater Horizon: BP sonné par le jugement américain

Le 05 septembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les conséquences de la marée noire ont été considérables.
Les conséquences de la marée noire ont été considérables.

Enorme. Le montant des dommages et intérêts que pourrait devoir payer BP, suite au naufrage de la plate-forme gazière Deepwater Horizon, pourrait être tout simplement énorme. Jeudi 4 septembre, un juge de la cour fédéral de la Nouvelle-Orléans a estimé que le pétrogazier britannique s'était rendu coupable de «grave négligence» en étant à l’origine de la plus grosse marée noire de l'histoire des Etats-Unis.

A ce titre, le groupe présidé par Robert Dudley pourrait devoir régler jusqu’à 18 milliards de dollars (14 milliards d’euros), montant maximal de l’amende prévue par la loi sur l'eau. Le Clean Water Act prévoit en effet que le déversement de chaque baril de pétrole est passible d’une sanction de 4.300 $ (3.318 €). Le montant définitif de l’amende sera déterminé lors d’audiences qui doivent se tenir début 2015.

4,9 millions de barils

L'explosion en avril 2010 de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon avait entraîné la mort de 11 personnes, le déversement de 4,9 millions de barils de brut et d’importants volumes de gaz dans les eaux du golfe du Mexique pendant 87 jours.

La conduite de BP a été «imprudente», celle de Transocean «négligente» ainsi que celle du constructeur du coffrage du puits Halliburton, a estimé le juge Carl Barbier dans sa décision de 153 pages. Précis, le magistrat de Louisiane évalue à 67% le degré de responsabilité de BP contre 30% pour Transocean (propriétaire et exploitant de la plate-forme et 3% pour le parapétrolier Halliburton.

Cette décision conclut la première phase d'un procès qui a débuté en février 2013 pour déterminer la responsabilité de BP dans la marée noire.

BP a déjà versé 12,3 Md$

La marée noire a déjà coûté des milliards de dollars à BP, qui a notamment payé une amende pénale de 4,5 Md$ (3,5 Md€) et accepté de verser 7,8 Md$ (6 Md€) aux parties prenantes affectées par les conséquences de la marée noire.

Dans un court communiqué, le géant pétrolier britannique BP conteste la décision du juge et annonce son intention de «faire appel immédiatement».

L’inquiétude commence, il est vrai, à gagner le monde pétrolier. Sitôt la teneur du jugement connue, l’action de BP a dévissé de 6% en clôture à la Bourse de Londres.

Mais le plus important n’est pas là. Pour maintenir à niveau leur production et leurs réserves d’hydrocarbures, les pétrogaziers doivent s’aventurer dans des environnements toujours plus difficiles: grandes profondeurs, zones polaires. Des zones où les opérations sont complexes, chères et risquées. Ces 10 dernières années, rappelle Bloomberg, ExxonMobil, BP, Shell, Chevron et Total ont investi, ensemble, plusieurs centaines de milliards de dollars dans l’exploration-production de pétrole et de gaz.

Aussi importantes soient-elles, ces compagnies pourraient désormais être refroidies d’investir des zones difficiles d’accès, tant aux foreurs qu’aux équipes de secours, si la sanction en cas d’accident atteint les sommets esquissés par la décision du juge Barbier.



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